
Réduire les déficits sans recettes supplémentaires tout en soutenant la croissance. Voilà l'équation défendue par le ministre de l'Economie et des Finances mercredi lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2005. Car la priorité absolue est "la réduction des déficits". "Je suis persuadé que l'accumulation du déficit et de la dette agit de façon déstabilisante sur le moral des Français. Le problème de la France, c'est que l'Etat est très endetté et les ménages pas assez", a déclaré Nicolas Sarkozy. Et les engagements pris devant la Commission européenne seront respectés. Le déficit public sera ramené à 2,9% du PIB l'an prochain soit sous la barre fatidique des 3%.
Mais le gouvernement n'a pas de marge de manœuvre, n'a cessé de répéter Nicolas Sarkozy : "40% du budget vont au paiement des salaires et des retraites et 15% au remboursement de la dette" avant de commencer à envisager le reste. Le ministre de l'Economie a ainsi annoncé que 7200 postes de fonctionnaires seraient supprimés l'an prochain. "Contrairement à des informations parues dans la presse", les prélèvements obligatoires n'augmenteront que très peu. Ils passeront de 43,6% en 2004 à 43,7% en 2005. Il n'y aura pas non plus de hausses d'impôts.
"Devoir d'intervenir"
Mais outre l'assainissement des comptes, le budget présenté par le futur candidat à la présidence de l'UMP, se veut résolument "volontariste". Le soutien à la croissance se traduira par des allègements fiscaux à destination des entreprises et des particuliers. Concernant ces derniers, Nicolas Sarkozy a rappelé que l'exonération d'impôts des donations dans une famille a déjà remporté un franc succès. "1,6 milliard d'euros a été réinjecté dans l'économie française grâce à 90 000 donations entre début juin et fin août", a affirmé le ministre. Il a déclaré attendre beaucoup également des mesures favorisant les crédits à la consommation et le déblocage anticipé de l'épargne entreprise qui représentait déjà 75 millions d'euros fin août.
Relancer la croissance, qui devrait atteindre 2,5% en 2005 selon le projet de loi de finances, en soutenant la consommation mais aussi en favorisant l'investissement. Et pour cela, il faut conserver les entreprises sur le territoire français. A propos d'Alstom et de Nestlé, Nicolas Sarkozy a répondu à ceux qui raillaient l'interventionnisme français que dans ces cas, "ce n'est pas un droit pour le ministre d'intervenir mais un devoir". Car "les délocalisations, non seulement ça existe, mais ça s'aggrave", a déploré le ministre. Des allègements de charges et des crédits d'impôts seront mis en place pour éviter les délocalisations mais aussi favoriser les implantations d'entreprises dans les zones où le chômage est important.
Photo : Nicolas Sarkozy, mercredi 22 septembre, à l'issue de la conférence de presse de présentation du budget 2005.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




