Service minimum : l'appel de Chérèque à négocier

Par AG (avec afp), le 08 septembre 2004 à 08h19 , mis à jour le 08 septembre 2004 à 20h35

Le ministre des Transports a fixé 15 rencontres en septembre avec les acteurs des transports sur cette question sensible en cas de grève. Premier à être reçu mercredi, François Chérèque, le patron de la CFDT.

DR © INTERNE

Le ministre des Transports, Gilles de Robien, a engagé mercredi une vaste concertation avec les partenaires sociaux sur le service minimum, en recevant François Chérèque, lequel a lancé un appel à négocier dans les semaines à venir des accords de prévention des conflits. A l'issue de l'entretien, le secrétaire général de la CFDT a "lancé un appel aux autres organisations syndicales, mais aussi aux directions des entreprises de service public des transports pour ouvrir, dans les semaines qui viennent, des négociations dans toutes les entreprises qui n'ont pas encore d'alarme sociale, comme à la RATP".

"Nous sommes venus demander au ministre, qui réfléchit à une loi, de rejeter l'idée de faire une loi sur le service minimum dans le transport public. La CFDT est convaincue que l'on peut régler ce problème par le dialogue social dans les entreprises", a ajouté François Chérèque. De son côté, Gilles de Robien, qui joue la prudence sur ce dossier ultra sensible, n'a pas fait de déclaration.

L'entretien avec François Chérèque a inauguré une vaste série de consultations entre le ministre, les syndicats, les patrons des entreprises publiques, les associations d'usagers et les autorités organisatrices de transport (collectivités locales notamment). Au total 15 rendez-vous sont prévus, au moins jusqu'au 28 septembre. Jean-Claude Mailly, le numéro un de FO, sera reçu jeudi, et le président de la SNCF, Louis Gallois, lundi.

Les discussions portent notamment sur le rapport des experts de la commission Mandelkern ayant trait à la "continuité du service public dans les transports", remis au gouvernement le 21 juillet, et dont les conclusions avaient déclenché la colère des syndicats.

"Boîte de Pandore"

Le rapport prône un "nouveau cadre législatif" pour concilier droit de grève et continuité du service, deux droits à valeur constitutionnelle selon les experts. La piste évoquée sur une déclaration individuelle de grève, 48 heures à l'avance, est la plus controversée. Gilles de Robien a affiché samedi sa volonté d'aboutir "dans les mois qui viennent", mais a assuré qu'il n'était "pas question de mettre à mal le droit de grève". Les concertations vont "forcément déboucher sur des mesures, qu'elles soient réglementaires ou législatives", a-t-il estimé.

A l'instar de François Chérèque, qui y voit une "boîte de Pandore" le recours à une loi est récusé d'avance par la plupart des syndicats, qui préfèrent la voie du dialogue. Les syndicats de cheminots ont menacé d'un "conflit majeur" si le gouvernement donnait une "suite législative" au rapport, qui représente pour eux une "remise en cause pure et simple du droit de grève". Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots, a lancé mardi un nouvel avertissement au gouvernement "si d'aventure il voulait passer en force". M. Mailly s'est, lui aussi dit opposé à "toute disposition législative nouvelle". La CFTC-Transports, "résolument opposée" à un service minimum, n'exclut pas de son côté qu'une concertation puisse déboucher sur une loi, à condition qu'elle ne réduise pas le droit de grève".


Photo d'ouverture : Gilles de Robien lors de la remise du rapport Mandelkern

Par AG (avec afp) le 08 septembre 2004 à 08:19
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