© AFPSerait-ce "le" dossier chaud de l'automne ? A en croire la réaction de la CGT et de la CFE-CGC, pourtant pas toujours du même avis, cela semble possible. Le gouvernement comptait prendre la température des syndicats en présentant ce matin son projet de réforme des licenciements. C'est chose faite ! Les deux syndicats sont partis en claquant la porte. Gérard Larcher, présentait le texte de l'avant-projet sur les restructurations remis lundi au gouvernement. Celui-ci voudrait le soumettre avant la fin du mois au Parlement.
Selon la CGT et la CFE-CGC, le texte ne serait qu'une copie conforme des exigences du mouvement patronal Medef : facilitation des licenciements, délais de recours raccourcis pour les salariés et les syndicats et fin des réintégrations judiciaires. La CFE-CGC a d'ores et déjà appelé "à la mobilisation de toutes les organisations pour faire front".
Pas de refus de mutation
Selon Le Parisien de vendredi qui s'est procuré le texte du projet, le gouvernement souhaiterait ajouter deux nouvelles notions dans la définition du licenciement économique. Il serait possible d'invoquer la raison économique au nom de "la sauvegarde de la compétitivité de l'entreprise". En clair, non pas pour risque économique pesant sur l'entreprise mais pour amélioration des profits. Pourrait également constituer un licenciement économique, le refus d'un salarié "d'une modification d'un élément essentiel du contrat de travail : Exemple : une mutation, une baisse de salaire, un changement de poste avec baisse de qualification", écrit Le Parisien. Des idées qui ne sauraient laisser de marbre les syndicats.
Le projet gouvernemental visant à simplifier le droit du travail français et à encourager l'implantation de sociétés prévoirait également de raccourcir les délais de recours des salariés et syndicats à six mois en cas de "non-respect des engagements pris par l'employeur (reclassement, priorité de réembauche...)". Enfin, le projet reviendrait sur le principe des réintégrations judiciaires. "aujourd'hui, lorsqu'un plan social était déclaré nul, l'entreprise se voyait obligée par le juge de réintégrer ses salariés visés par les licenciements", explique Le Parisien. Le projet prévoirait de soumette ce retour à l'accord des intéressés mais aussi de l'employeur. Le gouvernement arrivera-t-il à soumettre son texte au Parlement avant la fin du mois ?
Photo : Gérard Larcher, ministre délégué aux relations du travail
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