Frais bancaires : l'ultimatum de Sarkozy

Par S.L, le 07 octobre 2004 à 16h48 , mis à jour le 07 octobre 2004 à 16h14

Le ministre de l'Economie a donné jeudi trois semaines aux banques et associations de défense des consommateurs pour trouver un terrain d'entente sur les tarifs des services bancaires.

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"Trois semaines, c'est largement suffisant pour trouver des solutions à des problèmes qui sont latents depuis tant de temps". Trois semaines c'est donc le délai accordé par Nicolas Sarkozy pour parvenir à des "premiers résultats" entre banques et particuliers dans l'amélioration de leurs relations, notamment sur la question des tarifs bancaires. "Soit il y a un problème, et on le résout, soit il n'y en a pas, et on le dit", a déclaré le ministre jeudi lors de la mise en place du Comité consultatif du secteur financier. Ce comité lancé ce jour rassemble des représentants des banques et des associations de consommateurs.

Pas de temps à perdre pour le ministre qui a annoncé qu'il ferait des "propositions précises" avant la fin octobre concernant l'accès aux services bancaires pour les plus démunis et la diminution des tarifs pratiqués par les banques vis-à-vis de leurs clients. "D'ici trois semaines il y aura une nouvelle réunion du comité. D'ici là j'aurai rencontré l'ensemble des intervenants en (réunions) bilatérales et je ferai des propositions précises, disons avant la fin du mois d'octobre, pour que chacun puisse voir que l'on avance sur ce sujet".

"La transparence au service de la concurrence"

La réunion de jeudi était marquée à la fois par la campagne de l'UFC-Que Choisir de dénonciation des frais "exorbitants"des services bancaires et par le coup de semonce, mardi, de la Cour européenne de Justice, qui a jugé illégale l'interdiction française de rémunérer les comptes courants. Une dernière décision qui, selon Nicolas Sarkozy, ne doit pas servir "d'alibi injustifié" à une hausse des tarifs, même si elle peut "ouvrir un nouveau champ de concurrence, ce qui est plutôt une bonne chose si la mise en œuvre en est bien maîtrisée".

"Il n'est pas choquant en soi que les services rendus soient facturés, mais les consommateurs ne doivent pas avoir le sentiment d'être piégés. (...) "La tarification semble parfois sévère pour ceux qui n'ont qu'un faible pouvoir d'achat", a noté le ministre. "Est-il normal que les incidents de paiement provoquent des cascades de frais qui se révèlent un fardeau très lourd et d'ailleurs irrécouvrable? Est-il normal de facturer au client la déclaration au fichier des incidents de paiement, qui n'est déjà pas une bonne nouvelle ? (…) Ces pratiques ne sont pas forcément très répandues mais elles choquent et elles provoquent des interrogations sur la légitimité des tarifs.

L'UFC-Que Choisir a fait savoir que, même si elle se félicitait que le ministre de l'Economie ait reconnu le mécontentement des consommateurs, elle maintenait ses exigences concernant l'abaissement des tarifs bancaires.

Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy, jeudi, lors de la mise en place du Comité consultatif du secteur financier - DR

Par S.L le 07 octobre 2004 à 16:48
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