© INTERNELe ministre des Finances Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi matin sur France Inter que le carburant des agriculteurs serait détaxé de 4 centimes par litre pour les achats de juillet à fin décembre. Les agriculteurs, directement touchés par la hausse du pétrole dont ils sont grands consommateurs en cette période de récoltes, avaient organisé en début de semaine des blocus de dépôts pétroliers pour convaincre l'Etat de leur venir en aide, en réduisant ou suspendant la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP).
Mardi, le secrétaire d'Etat au Budget, Bussereau, avait rencontré le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, qui avait donné au gouvernement jusqu'à mercredi pour trouver une parade à la hausse des prix du gazole. Reste à voir si la baisse de 4 centimes sera jugée suffisante. Et quelle forme elle prendra, notamment en ce qui concerne sa part rétroactive. Nicolas Sarkozy a assuré mercredi dans la matinée que "les remboursements correspondants à la période du second semestre 2004 soient versés dès janvier 2005."
Hausses records
Les esprits s'échauffent à mesure que le cours du baril de brut enfle : mardi, il a franchi la barre des 54 dollars en Asie et pour la première fois celle des 51 dollars à Londres. Vendredi dans les stations, l'essence sans plomb coûtait en moyenne 1,141 euro le litre, et le gazole 0,987 euro. Soit une hausse respective d'un et de 0,8 centime en une semaine. Les hypermarchés proposaient un prix moyen de 1,077 et de 0,912 euro.
La situation rappelle la série de mouvements de mécontentement qu'avaient provoqués les hausses en 2000. Après les pêcheurs et les agriculteurs, les transporteurs routiers ont rejoint le cortège des contestataires et les chauffeurs de taxis parisiens doivent décider incessamment s'ils en font de même. Mercredi, des routiers ont lancé un opération escargot sur l'A7 entre Vitrolles et Marseille.
Le gouvernement n'est pas prêt pour autant à satisfaire toutes les revendications. "J'ai considéré que la spécificité de la profession agricole devait être prise en compte", a souligné Nicolas Sarkozy. "Compte tenu de la structure des prix agricoles, ils ne peuvent pas répercuter la hausse des matières premières : si on laissait faire, ce serait pour eux une perte de pouvoir d'achat de 2% à 3%", a-t-il expliqué.
L'esprit des Seventies
Pour les autres consommateurs, en particulier les conducteurs, il ne faut pas attendre un retour au mécanisme de la TIPP flottante qui permettait de compenser les hausses soudaines du brut. Le ministre de l'Economie l'a redit mercredi sur France Inter, tandis que son collègue du l'Industrie, Patrick Devedjian, explique dans France Soir que ce système serait "comme une rustine sur un pneu hors d'usage : il en coûterait à l'Etat 1,5 milliard d'euros pour un effet quasi nul sur les prix à la pompe".
La réduction de la TIPP n'est d'ailleurs qu'une solution transitoire, insiste Nicolas Sarkozy. "Il faut relancer d'urgence puissamment une politique d'économies d'énergie et deuxièmement, il faut poser la question du nucléaire comme énergie de substitution dans l'ensemble de l'Europe." Il faut "retrouver l'esprit des années 1970, la chasse au gaspi, qu'on a complètement oublié", a expliqué le ministre. Nostalgie, nostalgie.
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