Retraités : unis sur le message, divisés sur les moyens

Par , le 21 octobre 2004 à 11h50 , mis à jour le 21 octobre 2004 à 11h54

La CGT organise jeudi après-midi une manifestation dans les rues de Paris pour protester contre la baisse du pouvoir d'achat des retraités. Les autres syndicats ont refusé, pour l'instant, une action unitaire à l'échelle nationale.

A quel âge partirez-vous en retraite? © INTERNE

Les syndicats de retraités entendent profiter de la Semaine bleue du troisième âge pour attirer l'attention sur la baisse de leur pouvoir d'achat. Mardi, lors d'une conférence de presse, les Unions confédérales des retraités (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et de la Fédération générale des retraités de la fonction publique avaient particulièrement insisté sur les effets néfastes de l'inflation et de des prélèvements sociaux sur les revenus des retraités. D'accord sur le message, les syndicats le sont moins sur les moyens.

La CGT était partisane d'une grande manifestation nationale mais elle n'a pas obtenu le soutien des autres syndicats qui ne participeront que sporadiquement à des mouvements en province, jeudi et vendredi. "Il faudra une manifestation nationale mais elle devra aussi mobiliser les actifs", expliquait-on jeudi matin chez FO, où l'on juge probable une action en 2005 centrée sur le dossier des retraites ou de la réforme de l'assurance-maladie. La CFDT n'est pas plus solidaire, jugeant "suffisant pour l'instant de sensibiliser les retraités au niveau des sections départementales".

CGT seule

Ainsi, les retraités cégétistes seront les seuls à défiler jeudi après-midi dans la capitale, entre les Invalides et le siège du Medef, en passant par le ministère de la Santé. A l'origine, les manifestants souhaitaient rencontrer un représentant du ministère de la Cohésion sociale mais ce sera probablement un collaborateur de Douste-Blazy qui s'y collera. Le Medef, qui selon la CGT a une voix prépondérante dans les négociations paritaires, n'envisageait pas de recevoir la délégation.

Mutuelles trop chères

Selon les syndicats, le pouvoir d'achat des retraités a décru de 10% depuis que le gouvernement Balladur à décider de ne plus indexer les pensions sur les salaires mais sur les prix en 1993. "Les retraités ne bénéficient pas de la croissance et prennent de plein fouet la hausse du prix du pétrole", constate Bernard Devy de FO qui déplore aussi que l'indexation des retraites se fasse "mécaniquement, en dehors du Parlement". Concernant le minimum contributif, "nous souhaitons que les gens ayant travaillé toute leur vie bénéficient de retraites supérieures au minimum vieillesse", explique Claude Lacour de la CFDT.

Les UCR s'inquiètent aussi des nouvelles ponctions effectuées pour renflouer la Sécu : hausse de 0,5% de la CSG, forfait d'1 euro par ordonnance, augmentation du forfait hospitalier. "Sans compter les mutuelles complémentaires, de plus en plus onéreuses pour les retraités", assure Devy. Les syndicats sont toujours à cran sur la question des pension de réversion. Jean-Pierre Raffarin a suspendu les décrets aboutissant à la réduction voire à la suppression de ces sommes versées à l'époux veuf. Mais il ne s'agit que d'une suspension. Enfin, les retraités ne décolèrent pas sur le transfert aux départements de l'Allocation personnalisée à l'autonomie qui, selon eux, aboutira à rompre l'équité des soins entre les patients de différents départements.

Par David Straus le 21 octobre 2004 à 11:50
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