© INTERNELes esprits s'échauffent à mesure que le cours du baril de brut enfle : mardi, le baril a franchi mardi la barre des 54 dollars en Asie et pour la première fois celle des 51 dollars à Londres. Après les pêcheurs et les transporteurs, les agriculteurs français ont rejoint le cortège des contestataires depuis quelques jours tandis que les chauffeurs de taxis parisiens menacent de le faire prochainement. La situation rappelle la série de mouvements de mécontentement qu'avaient provoqués les hausses en 2000.
Pour répondre à leur colère, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a demandé à Nicolas Sarkozy, Dominique Bussereau et Hervé Gaymard de "travailler en concertation pour faire des propositions", probablement avant la fin du mois. Le secrétaire d'Etat au Budget avait rencontré quelques heures auparavant le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, qui a donné au gouvernement jusqu'à mercredi pour trouver une parade à la hausse des prix du gazole.
Tracteurs voraces
En attendant l'expiration de l'ultimatum, deux organisations agricoles - la Coordination rurale et les Jeunes Agriculteurs - ont lancé des premières opérations "coups de poing" pour faire pression sur le gouvernement. Dans la périphérie nord de Toulouse, une centaine de Jeunes Agriculteurs bloquent depuis mardi à l'aube l'un des deux principaux dépôts pétroliers avec une trentaine de tracteurs. Dans la banlieue de Mulhouse, le barrage installé dans la matinée devant le dépôt pétrolier d'Illzach a été levé à la mi-journée. Les agriculteurs du Bas-Rhin avaient prévu de poursuivre le mouvement dans l'après-midi devant la raffinerie de Reichstett, au nord de Strasbourg. Dans la Somme, d'autres agriculteurs ont organisé depuis lundi matin le blocus d'un dépôt de carburant à Bacouel-sur-Selle, près d'Amiens.
Vendredi dans les stations, l'essence sans plomb coûtait en moyenne 114,1 centimes d'euro le litre, et le gazole 98,7 centimes. Soit une hausse respective d'un et de 0,8 centime en une semaine. Les hypermarchés proposaient un prix moyen de 107,7 et de 91,2 centimes. Selon plusieurs manifestants, le prix du fioul a augmenté de plus d'un quart en un an. Or, les engins agricoles, comme les moissonneuses-batteuses ou les engins de séchage, sont extrêmement voraces en carburant. Les matières premières, en particulier les engrais, sont aussi devenues plus chères.
(Image d'archive : un blocus en 2000)
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