© INTERNEtf1.fr : Etes-vous confiant dans les ventes cette année ?
Michel Deflache : Le monde du vin en général m'inquiète : il produit trop. Il y a un net déséquilibre entre l'offre et la demande mondiale. Nous sommes tous touchés par ce déséquilibre. Le Beaujolais Nouveau – qui représente un tiers de la récolte du Beaujolais – arrive avec une position à part. Je reste confiant et optimiste sur ses ventes, même si la conjoncture est difficile. Ce vin est atypique, universel et informel en même temps. On ne lui attache pas l'arrogance que l'on peut prêter à d'autres et il représente des cultures locales spécifiques. Pour ce qui est des chiffres, nous savons d'ores et déjà que les commandes au Japon ont progressé de 25% et qu'aux Etats-Unis, il y a également un fort progrès malgré un euro fort et une mauvaise image de la France. En ce qui concerne le marché intérieur, les achats en amont sont pour l'instant importants.
tf1.fr : Vous inscrivez la production cette année dans une démarche qualité. En quoi consiste-t-elle ?
M.D : Elle s'inscrit dans la lignée d'un plan stratégique menée depuis le début de l'année par les producteurs de Beaujolais. Elle comprend des mesures comme l'interdiction des bouchons agglomérés de type liège et la réforme de l'agrément de mise sur le marché des appellations d'origine contrôlée. Pour le Beaujolais, le contrôle d'agrément est dorénavant rapproché de la mise en vente effective, afin d'éviter une perte de qualité. En amont, il y a également des contrôles de rendement par parcelle.
tf1.fr : Pourquoi ces initiatives ? Certains parlent d'une baisse de production liée à des vignes malades …
M. D : Par ces initiatives, nous souhaitons répondre avec nos armes à la crise actuelle du vin. Le Beaujolais est de plus associé à tort à une image de "vin marketing", ce qui a de quoi faire hurler. Notre vin est un vin artisanal, produit par des entreprises familiales, possédant des exploitations de 7 hectares en moyenne. Mais il est victime de son succès avec 50 millions de bouteilles mises sur le marché avant les autres.
Quant à une éventuelle maladie des vignes spécifiquement cette année, ce n'est pas vrai. La vigne est une plante qui, comme tout végétal, est touchée par certains champignons. Mais pas plus cette année qu'une autre. Le tri manuel permet de sélectionner le meilleur raisin.
Un Beaujolais 2004 parfumé aux "fruits rouges" |
Bien qu'il rappelle que chaque vin est différent selon l'endroit où il a été produit – "il n'y a pas de poudre de Perlimpinpin capable de donner le même goût à chaque bouteille !"– Michel Deflache reconnaît que l'on peut donner à ce cru 2004 un "air de famille". "Un caractère fruité se dégage cette année. Il y a notamment un goût de fruits rouges qui se révèle, de groseille ou de framboise", décrit-il. Le Beaujolais a également beaucoup d' "élégance, de rondeur et de souplesse". 56 millions de bouteilles de Beaujolais nouveau ont été commercialisées en 2003, dont 23 millions à l'export. L'ensemble de la production est réalisée par 3600 vignerons. P.P.
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