Pas question de laisser à nouveau filer les prix. Après l'échec des négociations jeudi entre les grandes marques et les hypermarchés, le ministre de l'Economie, Hervé Gaymard, et celui du Commerce, Christian Jacob, se sont empressés vendredi de reconvoquer fournisseurs et distributeurs pour de nouvelles discussions "dans les prochains jours".
Sous la pression de l'ancien ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, les deux parties s'étaient engagées le 17 juin à "une baisse durable des prix" pour le consommateur. Jusqu'à la mi novembre, les prix avaient effectivement diminués de 1,76%. Ils auraient encore pu baisser de 1% dès janvier si les fabricants de produits de grande consommation avaient accepté "une modération tarifaire" ou, plus exactement, le gel, sinon la diminution des prix proposés aux grandes surfaces.
Réforme minée
Pour expliquer leur refus, les producteurs font valoir la hausse de leurs coûts de fabrication, due à la flambée du baril et de matières premières, servant au conditionnement notamment, comme le métal pour les conserves et le plastic pour les boissons et autres barquettes. Dans ces conditions, les grandes enseignes de la distribution s'autoriseront à accroître leurs marges arrières, ces "ristournes" qu'ils obligent les fournisseurs à leur accorder en l'échange d'avantages pas toujours tangibles : place dans les rayons, etc…
Fournisseurs et distributeurs sont d'accord pour réclamer du gouvernement une réforme rapide de la loi Galland, qui interdit notamment les ventes à perte et a eu pour effet pervers de développer le phénomène des marges arrière. Une mauvaise nouvelle pour Jean-Pierre Raffarin qui envisageait de repousser ce chantier miné au second semestre 2005.
(Image LCI)









