© INTERNELa Fontaine n'aurait pas renié cette fable des temps modernes : l'histoire d'une modeste couturière de la Drôme, prénommée Milka et d'un géant de l'agro-alimentaire, Kraft-Foods, propriétaire du chocolat à la célèbre vache mauve, qui se retrouveront peut-être le 31 janvier prochain devant les tribunaux, sauf accord amiable préalable, réclamé, semble-t-il, par le groupe agro-alimentaire.
La marque "Milka" reproche à Milka Budimir l'ouverture d'un site "milka.fr" vantant, non pas les vertus du chocolat au lait, mais les travaux de couture de cette habitante de Bourg-lès-Valence. Le fils de cette dernière lui a offert cette page du net en décembre 2001, comme cadeau de Noël, pour qu'elle accède à une certaine forme de notoriété : la promotion de ses magasins "Milka couture". Une notoriété aujourd'hui acquise, mais pas pour la même raison. En 2002, tentant de réserver le nom de domaine, la marque envoie des lettres de mise en demeure à la couturière, puis décide de porter plainte contre elle, pour utilisation abusive du nom de la marque.
Kraft-Foods offre "milkacouture.fr"
Face aux réclamations de ce Goliath chocolaté qui s'estime victime d'un préjudice économique et d'image, "madame Milka" résiste. Selon son avocat, l'adresse "milka.fr" n'a pas été déposée avant la plainte de Kraft-Foods, donc sa cliente est dans son droit. Estimant qu'il y a abus de procédure et en retour que le fait de voir son prénom tatoué sur une vache mauve peut être dénigrant, elle réclame 15.000 euros de dommages et intérêts. Une somme réclamée en réponse aux 10.000 euros demandés par l'entreprise, selon le conseil de la couturière.
Kraft-Foods dément avoir demandé des dommages et intérêts. Le groupe affirme préférer un accord à l'amiable. Il aurait notamment proposé à Milka Budimir, la prise en charge d'un nouveau nom de domaine pour elle "milkacouture.fr".
(Photo : archives)
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