© INTERNEPourquoi payer le silence d'une carte quand le syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF)assure que de toute façon l'anonymat sera préservé ? Vendredi, un article du Parisien a échauffé les esprits en annonçant que lors de la mise en place progressive en 2005 du pass Navigo pour les transports en commun de la région parisienne, un supplément de 5 euros serait demandé aux usagers souhaitant conserver l'anonymat. Car, si elle raccourcit le temps de passage dans les tourniquets, la carte à puces peut en effet enregistrer un nombre important de données personnelles : trajets, heure de passage dans une station...
L'article précisait également que lors de la généralisation du pass et de l'abandon des systèmes de carte orange, les usagers seraient tenus de remplir une fiche signalétique avec nom, prénom, adresse et photo. Le STIF affirme que ces informations ne serviront qu'en cas de perte ou de vol de la carte, pour en constituer une nouvelle. L'article du Parisien laissait entendre que ces données étaient "à haute valeur ajoutée". Or "il est interdit par la loi de 1978 sur les données personnelles de vendre ou d'utiliser pour un autre usage que celui initialement prévu les données collectées par une entreprise", rappelle-t-on à l'association de défense des consommateurs UFC-Que choisir.
Pas d'utilisation commerciale
Vendredi, le Stif, l'autorité qui organise les transports en commun en Ile-de-France a tenu à corriger ses informations : en aucun cas les renseignements privés ne pourront être utilisés par des tiers ou revendus. D'ailleurs, pas besoin de s'inquiéter, le numéro de client et le numéro qui identifiera la carte de puce ne sont pas les mêmes. Donc aucun moyen d'identifier combien de fois monsieur Picard est passé par la gare Saint-Lazare et à quelle heure. "Nous ne disposerons que d'informations de flux : nombre de personnes ayant transité par une station...", précise-t-on au Stif. De même, le syndicat a indiqué que les services commerciaux de la RATP ou de la SNCF, les deux opérateurs franciliens, ne seraient pas en mesure de connaître deux trajets successifs d'une même personne. Si monsieur Picard a pris le RER B à Saint-Michel puis le bus 189, une seule des deux informations sera communiquées aux services commerciaux. La puce elle, conformément aux recommandations de la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) conservera en mémoire les trois derniers trajets des deux derniers jours. "Aucune information plus ancienne ne sera conservé", assure le syndicat.
La CNIL assure d'ailleurs qu'elle n'a rien à redire concernant la collecte des informations par Navigo : "nous avons adressé des recommandations en 2003 et elles ont été suivies", assure-t-on. Seulement, la Commission estime que le voyageur n'a pas à payer pour garantir plus encore son anonymat. Surtout que l'intérêt de l'investissement semble nul : pourquoi payer 5 euros supplémentaires pour conserver l'anonymat des données si celui-ci est déjà préservé ? La question semble avoir embarrassé le Stif et celui-ci a publié un communiqué de "clarification" vendredi. Qui ne clarifie pas grand chose puisqu'il affirme que ces 5 euros sont un moyen de dissuader un voyageur occasionnel de demander une nouvelle carte -coûteuse- à chaque fois qu'il utilise un transport en commun. Or, seules les cartes "anonymes" seront payantes... pas très dissuasif.
Mode d'emploi du Pass Navigo |
Cette carte fonctionnera comme un forfait que l'on pourra recharger chaque semaine ou chaque mois au guichet ou sur une borne automatique. La carte sera gratuite mais en cas de vols ou de perte, il en coûtera 8 euros à l'usager pour la refaire.
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