Euro contre dollar : ce match vedette du marché des changes n'en finit plus de connaître des rebondissements en faveur de la monnaie européenne. L'euro continue à progresser nettement face à son rival vendredi matin, atteignant un pic à 1,3548 dollars vers 10H35.
La devise européenne profite de la faiblesse des volumes d'échanges à la veille de Noël : les ordres d'achats passés par les quelques intervenants présents sur le marché se traduisent aussitôt par de forts mouvements. Ainsi, "ce mouvement d'appréciation devrait se poursuivre dans les jours à venir" et "il semble très peu probable que les banquiers centraux européens s'y opposent (…) en intervenant", analyse un économiste londonien de la banque HBOS.
En l'absence d'indicateurs publiés vendredi dans la zone euro et aux Etats-Unis, les investisseurs se positionnent déjà pour l'année 2005. Ils restent persuadés que la phase de repli du billet vert, observée depuis la mi-octobre, va se poursuivre en 2005. En 2004, l'euro a bondi de plus de 15% face au dollar. Les investisseurs devraient continuer à se détourner du dollar en raison des déséquilibres de l'économie américaine, notamment les énormes déficits des comptes courants et du budget.
Par ailleurs, les derniers propos du ministre des Finances néerlandais, Gerrit Zalm, montrent que les responsables politiques et économiques de la zone euro sont divisés sur la question d'une intervention de la Banque centrale européenne pour freiner l'envolée de l'euro. Dans un entretien au journal français La Croix, M. Zalm a estimé que l'appréciation actuelle de l'euro par rapport au dollar évolue "dans des marges encore acceptables".
La nécessité d'une "gestion coordonnée" du dollar
De son côté, le ministre français des finances Hervé Gaymard a considéré jeudi que la chute du dollar pourrait devenir "catastrophique sur le plan mondial" et que les Etats-Unis doivent "absolument" comprendre lors du G7 finances de février qu'il faudrait une gestion "coordonnée" au plan international.




