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Révolution de poussettes à Paris

Sophie Lutrand par avec
le 20 décembre 2004 à 16h46 , mis à jour le 21 décembre 2004 à 16h35.
Temps de lecture
3min
bébé pride hôtel de Ville Paris décembre 2005

Crédits : DR

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EconomieAlors que Philippe Douste-Blazy présentait son "plan pour la famille" lundi, un mouvement de "parents sans crèche" s'est fait entendre ce week-end à Paris. Certains sont obligés d'arrêter de travailler, d'autres envisagent de partir en province.

Ils n'étaient qu'une poignée samedi après-midi devant l'Hôtel de Ville de Paris. Des cheminots ? Des chômeurs réclamant une prime de Noël ? Des sans-papiers ? Non, des parents sans crèche. Avec humour, ils ont nommé leur rassemblement la "bébé pride" : en guise de chars, de multiples poussettes ; de drag queen, de sages parents.

A l'origine de la manifestation, une jeune mère de famille parisienne travaillant dans le domaine de la petite enfance : "tous les jours, les parents me racontent leur galère. Parfois, des mamans à bout de nerfs m'appellent en pleurs", explique Gaëlle Faber. Elle a donc décidé de faire entendre la voix des parents. "Les pouvoirs publics sont sensibilisés aux questions de chômage, de santé mais pas de la petite enfance. Nous ne sommes pas prioritaires", estime la jeune femme qui travaille dans une école de natation pour tout petits.

Exode

"Paris est une ville très agréable pour les célibataires ou les couples sans enfant mais dès que l'on passe de l'autre côté, on s'aperçoit que rien n'est fait pour les enfants", regrette Vincent Nallet, père de trois enfants et bientôt quatre. Ce dernier et son épouse gagnent "trop" bien leur vie pour espérer obtenir une place en crèche et sont donc obligés de passer par le système onéreux des nounous. "Mais ma femme a quand même dû passer à mi-temps et elle envisage d'arrêter de travailler". Ce couple "parisien depuis toujours" envisage désormais de quitter Paris pour la banlieue ou la province. "Ce n'est pas du tout ce que l'on avait prévu, nous finissons de payer notre appartement. Mais jongler avec nos travails, aller chercher les enfants à la sortie de l'école, les récupérer le midi… tout cela est devenu injouable", regrette ce père de 38 ans.

Une demande dès la troisième semaine

Mais la situation n'est pas seulement difficile pour les catégories socioprofessionnelles intermédiaires ou les Parisiens. A 35 ans, Jean-Marc Lavigne est père d'un petit garçon de 8 mois et "condamné au chômage". Faute d'une place en crèche à Clichy, où la famille habite, il n'a non seulement pas le temps de chercher du travail mais serait bien embêté s'il en trouvait un. "Mes allocations chômage vont se transformer en ASS (allocations spécifiques de solidarité) en janvier mais je n'ai pas le moindre espoir d'avoir une place en crèche pour mon fils avant septembre 2005", explique Jean-Marc Lavigne. Et pourtant, le couple s'y était pris plus que tôt : ils avaient déposé leur première demande de place en crèche dès la troisième semaine de grossesse.

"Je suis en relation avec des parents de Toulouse et d'autres villes et la situation n'y est guère meilleure", ajoute Gaëlle Faber. Si la manifestation n'a pas attiré les foules, l'écho médiatique qui l'a suivie a produit son effet : "Mon téléphone n'arrête pas de sonner", raconte la jeune femme. Des parents la contactent pour soutenir son action et s'y associer. Une nouvelle "bébé pride" devrait être organisée au printemps prochain.

Photo : manifestation de parents devant l'Hôtel de Ville de Paris samedi après-midi.
(crédits : Jean-Marc Lavigne)

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