© lciBaisse de la consommation dans l'Hexagone, concurrence des vins du Nouveau Monde et production en surchauffe cette année : le secteur viticole français est en crise. Pour la première fois, les viticulteurs de toutes les régions s'unissent, ce mercredi dans les rues de sept villes, pour réclamer un "plan Bussereau" d'aide au secteur.
A Avignon, ils étaient 3500 selon la police, 5000 selon les organisateurs à défiler dans les rues. A Mâcon, 2000 selon la police et entre 3000 et 3500 selon les organisateurs. A Angers, 300 et à Nantes, 200. Les viticulteurs, qui manifestent aussi à Bordeaux, Tours et Blois, demandent au Premier ministre de revenir sur sa décision de s'opposer, au Sénat, à l'amendement parlementaire assouplissant la loi Evin sur la publicité sur le vin.
Aide immédiate
Les viticulteurs réclament aussi un soutien financier, dont le montant total n'a pas été chiffré. Il souhaitent en particulier une aide de 10 000 euros à la trésorerie pour les producteurs de moins de 40 ans et l'augmentation de l'enveloppe pour inciter ceux de 55 ans à partir en pré-retraite. Parmi leurs revendications figurent également l'amplification du régime de restructuration et de reconversion du vignoble, la mise en place d'un régime d'arrachage temporaire, l'instauration d'un fonds d'allégement des charges et des aides pour permettre la distillation des excédents.
Douste-Blazy au pilori
Pour Denis Verdier, président de la Confédération des coopératives viticoles de France (CCVF), "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase a été la campagne publicitaire du ministère de la Santé laissant entendre que la consommation de vin pouvait entraîner le cancer". "Il faut arrêter sa vente, si le vin donne le cancer", s'est insurgé Pierre Aguilas, président de l'Association générale de la production viticole (AGPV). "Je trouve que M. Douste-Blazy parle avec beaucoup d'exagération d'un sujet dont il devrait parler avec beaucoup plus de modération", a ajouté Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles).
Alors que la consommation de vin continue de baisser en France (environ 3% en 2004) la récolte a été cette année très abondante avec 58,9 millions d'hectolitres ce qui contribue à accentuer la crise structurelle. Mais surtout, les vins français qui ont longtemps compté pour une bonne part dans la balance commerciale française, subissent depuis plusieurs années la vive concurrence des vins du "Nouveau Monde" venus d'Australie, d'Afrique du Sud, du Chili, d'Argentine et des USA. L'année 2004 devrait se terminer sur une baisse des exportations françaises alors que l'écart entre production et consommation se situe entre 52 et 63 millions d'hectolitres au niveau mondial.
Importante mobilisation à Bordeaux |
"Pas de vie saine sans vin", "Nous ne sommes pas des empoisonneurs", "Gaymard, flemmard, Bussereau au boulot"… Florilège de pancartes portées par les quelques 6 000 viticulteurs qui ont manifesté mercredi à Bordeaux pour réclamer des mesures gouvernementales face à la crise du vin. Les manifestants sont venus de toute la région. La manifestation, organisée à l'appel de la FNSEA, des Jeunes agriculteurs, du MODEF et du collectif des viticulteurs de la Gironde, a entraîné une forte mobilisation des forces de l'ordre, avec plus de 500 hommes sur le terrain.
(Image LCI)
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