"Je n'ai pas d'argent" pour les fonctionnaires

le 20 janvier 2005 à 07h21 , mis à jour le 21 janvier 2005 à 12h26

Près de 300 000 fonctionnaires sont descendus dans la rue jeudi pour protester contre la rigueur salariale et les suppressions d'emplois. Mais Renaud Dutreil a opposé une fin de non-recevoir à ces revendications en affirmant n'avoir "pas d'argent caché sous le tapis".

[Expiré] [Expiré] Renaud Dutreil UEM PME Commerce Artisanat Professions libérales © AFP

Les manifestations de fonctionnaires et d'enseignants ont déferlé jeudi en France, clôturant en fanfare une semaine de protestation des salariés du public, et succédant aux postiers, cheminots, électriciens pour défendre les salaires, l'emploi, et les services publics. Quelque 328.080 fonctionnaires et enseignants selon les syndicats, 211.530 selon la police, ont défilé dans tout le pays pour réclamer des augmentations salariales et dénoncer une vision comptable de l'Etat, qui selon eux met en danger leurs missions de services publics. Pour les syndicats, la mobilisation, en égalant les niveaux de celle du printemps 2003, au plus fort du mouvement social contre les restrictions budgétaires et la réforme des retraites, a été sans conteste un succès

Mais cette démonstration n'a pas impressionné Renaud Dutreil qui a opposé jeudi soir sur la chaîne Public Sénat une fin de non-recevoir à ces revendications. "Je n'ai pas d'argent caché sous le tapis ou dans la cheminée (...), vous pouvez regarder dans mes poches..." a déclaré le ministre de la Fonction publique, rappelant que "la loi de Finances, la loi de la république, votée par le Parlement, qui a prévu les recettes et les dépenses, s'applique".  Renaud Dutreil, reconnaissant que c'était "une réponse" aux manifestations "peut-être insuffisante mais qui a le mérite de la clarté".  Le ministre de la Fonction publique a proposé toutefois une sorte de "Grenelle de la fonction publique de l'Etat", qui permette notamment de "regarder les missions et les grilles indiciaires qui présentent de nombreux défauts".

Les enseignants particulièrement mobilisés

Dans l'Education nationale, plus de 40% du personnel s'est mis en grève pour protester contre la loi d'orientation sur l'école du ministre François Fillon et la suppression de postes d'enseignants. Cette forte mobilisation est, selon les syndicats, un coup de semonce adressé au gouvernement, au lendemain d'une grève très suivie à la SNCF (36,9% des cheminots, selon la direction), qui a entraîné d'importantes perturbations du trafic et conduit à infléchir le volet emploi du budget 2005.

A Paris, ils étaient entre 20.000 selon la police et 50.000 selon les syndicats, à Marseille entre 10.000 et 30.000, à Bordeaux entre 12.000 et 15.000, à Lyon entre 5.500 et 8.000, à Toulouse entre 4.200 et 10.000. Dans les cortèges, les enseignants, en grand nombre, ont cotoyé employés communaux, postiers, agents des impôts, des services pénitentiaires, policiers, agents de l'Equipement, ou encore pompiers.

Photo d’ouverture : Renaud Dutreil - archives - DR

le 20 janvier 2005 à 07:21
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