
tf1.fr - Quelle va être l'attitude de Kuoni dans les semaines à venir pour les destinations touchées par les raz-de-marée ?
Emmanuel Foiry : la semaine dernière, nous nous sommes concentrés sur le rapatriement de nos clients. Je tiens d'ailleurs à signaler l'excellent travail d'accueil réservé aux touristes français dans les aéroports parisiens par les équipes de soutien psychologique. Si l'on regarde maintenant vers l'avenir, en accord avec l'association des tours operators français, nous avons décidé de suspendre les départs jusqu'au 16 janvier. Soit les clients peuvent se faire rembourser leur séjour, soit ils ont la possibilité de le reporter jusqu'au 31 décembre 2005. En ce qui nous concerne, nos clients ont cette liberté jusqu'au 31 janvier, soit deux semaines de plus. A partir du 16 janvier, nous allons reprendre le tourisme vers les pays touchés par le drame en réaménageant les circuits et les programmes, notamment au Sri-Lanka ou dans la région de Pukhet, en Thaïlande. C'est également le cas pour les Maldives où certaines petites îles ont été touchées.
tf1.fr - Comment avez-vous évalué la nécessité de reprendre rapidement ou non le tourisme dans ces régions ?
E.F : Nous nous sommes longuement posés cette question lundi, lors de notre réunion des tours operators. Rouvrir le 16 janvier, est-ce trop tôt ? Je ne crois pas. D'une part, nous laissons à nos clients la latitude de reporter ou non leur séjour. Par ailleurs, et c'est très important, beaucoup de régions de l'océan Indien n'ont pas été touchées par la catastrophe.
Au Sri-Lanka, par exemple, le centre du pays n'a heureusement pas subi de dommages. Et depuis plusieurs jours, nous recevons de l'office du tourisme de ce pays de multiples appels à ne pas stopper les voyages prévus, le tourisme étant une source de revenus très importante pour les populations. Le retour des vacanciers permettra également de réanimer la vie de ces régions.
Notre société aura cent ans en 2006 et depuis un siècle, nous sommes très fidèles aux pays que l'on programme. Il n'est pas question pour nous d'arrêter ces destinations et nous en ferons la promotion dans les mois à venir. Cela passe par des sacrifices de marges pour aider le tourisme de telles régions à repartir. Cela a été la cas à Bali et surtout en Egypte qui a été plusieurs fois frappée par des drames. Grâce à une bonne politique tarifaire, le pays a rebondi rapidement à chaque fois .
tf1.fr - Peut-on prévoir l'évolution du tourisme en Asie du sud-est dans les prochains mois ?
E.F : personnellement, je ne fais plus aucun pronostic sur la psychologie des touristes et leurs destinations. Comme dans d'autres industries, ils agissent de plus en plus en consommateurs-zappeurs. En seulement trois ou quatre ans, les Maldives ou le Sri-Lanka ont connu un très grand succès, tout comme la Malaisie. Cette catastrophe va avoir un impact mais il est très difficile à prévoir. Si l'on prend l'exemple du crash de Charm-El-Cheikh, nous avions tous prévu une année noire en 2004 pour cette région. Or, tous les operators français y ont réalisé d'excellents résultats.
En ce qui concerne les destinations de remplacement depuis les tsunami, il est trop tôt pour se prononcer. Selon les premières indications, l'Ile Maurice, la République dominicaine, Cuba, ou l'Afrique du sud connaîtraient une hausse des réservations.
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