Chirac défend sa taxe à Davos

le 26 janvier 2005 à 07h00 , mis à jour le 25 janvier 2005 à 19h08

Pour la première fois, un président français participe au Forum économique mondial de Davos en Suisse. Jacques Chirac devrait en profiter pour défendre l'idée d'une taxe financière en faveur des pays pauvres. Au même moment, le forum social de Porto Allegre ouvre ses portes au Brésil.

davos economie © INTERNE

Passage éclair. Jacques Chirac est le premier président français à participer au Forum économique mondial de Davos. Mais il ne devrait faire escale dans cette petite station suisse qu'à peine une heure.

Il devrait profiter de son intervention pour pour tenter de convaincre un gotha économique et politique, a priori sceptique, du bien fondé d'une taxe internationale pour financer le développement des pays pauvres. L'objectif de cette taxe est de recueillir 50 milliards de dollars par an pour diminuer de moitié l'extrême pauvreté dans le monde d'ici à 2015, comme le sommet du millénaire de l'Onu s'y était engagé en 2000.

"Une brèche"

Aujourd'hui 1,2 milliard de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour. L'Elysée n'a pas dévoilé les propositions que doit faire Jacques Chirac, mais il devrait choisir parmi l'éventail de solutions avancées en septembre par un groupe d'experts. Certaines idées sont anciennes (taxe sur les gaz à effet de serre ou les transactions financières, sur les entreprises multinationales ou les ventes d'armes) mais d'autres sont plus novatrices : taxe sur les passages dans les détroits maritimes, les billets d'avion ou les achats par carte de crédit. Le rapport prévoyait également des contributions volontaires par le biais de loteries ou d'incitations fiscales pour les dons. Quatre pays (France, Brésil, Chili, Espagne) soutiennent activement l'idée d'une taxe pour tenir les engagements du Millénaire.

Pour l'entourage du président, "il y a une brèche qui est en train de s'ouvrir" dont il faut profiter en 2005 dans la perspective du G8 sous présidence britannique qui sera largement consacré au développement et du sommet de l'Onu en septembre à New York.

Et de l'autre côté du monde...

Plus de 100.000 altermondialistes sont attendus dès aujourd'hui à Porto Alegre pour ce 5e Forum social mondial (FSM) qui se tient jusqu'au 31 janvier. Le grand rassemblement annuel des opposants à la mondialisation libérale retrouve ainsi sa ville d'origine, où s'étaient tenues les trois premières éditions. Le Forum s'était déplacé à Bombay  en Inde en 2004, afin d'élargir un mouvement principalement latino-américain et européen et prendre pied sur le continent asiatique. La lutte contre la pauvreté, l'aide au développement et l'annulation de la dette des pays pauvres vont concentrer l'essentiel des débats. Les participants devraient notamment appeler à l'annulation totale de la dette externe des onze pays frappés par les tsunamis.

le 26 janvier 2005 à 07:00
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