© INTERNEChantage réussi ? Le président de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) a obtenu lundi un rendez-vous "la semaine prochaine" avec l'Assurance-Maladie. Pour attirer l'attention sur la situation des dentistes et obtenir son entrevue, le patron du premier syndicat de la profession avait appelé les dentistes à inscrire les patients bénéficiant de la Couverture maladie Universel (CMU) sur des listes d'attente pour les faire passer après les autres. Second conseil prodigué par le syndicat : ne soigner que les "urgences". Motif : ces patients coûtent plus qu'ils ne rapportent.
La réaction des ministres concernés ne s'était pas fait attendre. Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, et le secrétaire d'Etat à l'Assurance maladie, Xavier Bertrand, avaient écrit lundi au président de la confédération pour lui demander de "suspendre" son appel qu'ils jugent "inacceptable". "Cette pratique est contraire aux règles déontologiques des professions médicales et porte atteinte à l'égalité d'accès aux soins pour tous les Français", avaient ajouté les ministres. Rendez-vous obtenu, le CNSD a suspendu son double mot d'ordre. Mais l'image de la profession est écornée.
L'autre syndicat de dentiste, l'UJCD-Union dentaire s'est fendu d'un communiqué lundi pour affirmer qu'elle se démarquait du mot d'ordre de la CNSD car "refuser de prendre en charge sine die 5 millions de Français est médicalement intolérable". "Quand on est un syndicat responsable, on n'envoie pas une profession dans le mur sous prétexte qu'on n'arrive pas à négocier", s'insurge Jacques Deniaud, président de l'UJCD-Union dentaire.
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