Comptes rémunérés : attentisme dans les banques françaises

le 05 janvier 2005 à 20h32 , mis à jour le 05 janvier 2005 à 20h36

Alors que l’autorisation de rémunération des comptes courants en France est attendue d’ici début mars, les grandes banques françaises hésitent à se lancer. La Société Générale et BNP Paribas ont déjà fait savoir qu’elles ne comptent pas rémunérer les comptes de leurs clients.

main billets euros © INTERNE

La Cour européenne de justice a levé le 5 octobre l'interdiction de rémunérer les comptes courants en France. Le Conseil d'Etat doit se pencher sur le dossier le 14 janvier. La rémunération des comptes devrait donc être possible en France début mars. Pourtant, à deux mois environ du feu vert définitif, aucune grande banque ne souhaite être la première à lancer une prestation considérée comme peu avantageuse pour les clients. Plutôt discrets depuis la décision de la CEJ, les cinq grands réseaux bancaires français et La Poste continuent à s'observer tout en élaborant un dispositif pour être prêts à "suivre le mouvement".

La Société Générale a été l’une des premières à s’exprimer : elle ne rémunèrera pas les comptes courants car "toutes les enquêtes montrent que nos clients sont très attachés à l'équilibre actuel", a expliqué mercredi Daniel Bouton, PDG de la banque et président de la Fédération bancaire française (FBF), dans un entretien au Figaro. Même tonalité chez BNP Paribas : ses clients n'ayant pas manifesté d'intérêt pour ce service, le groupe "n'a pas l'intention de changer son dispositif actuel". Il faut dire que le gain serait assez limité avec un taux d'intérêt de 0,5 à 2% en Europe associé le plus souvent à un montant minimum de dépôt sur le compte.

CaixaBank France devrait proposer une rémunération de 1%

Pour le Crédit Agricole et sa filiale le Crédit Lyonnais, la "réflexion est en cours. Une décision devrait être prise dans les semaines à venir". Mais en matière de tarification, les caisses régionales de la banque verte ont toute latitude pour déterminer leur politique. Le groupe affirme que la rémunération des comptes ne sera en "aucun cas" accompagnée d'une facturation d'autres services.

Les Banques Populaires n'ont pas souhaité s'exprimer. Selon Le Figaro, le groupe aurait "préparé plusieurs scénarios, proposant des packages avec ou sans rémunération". "Le Crédit Mutuel et les Caisses d'Epargne sont dans le même état d'esprit", ajoute Le Figaro. Au Crédit Mutuel, officiellement, rien n'est arrêté. Le groupe Caisse d'Epargne "regarde toujours la stratégie possible, envisageable et nécessaire en fonction de la demande de ses clients". La Poste a également choisi d'attendre la décision du marché.

Si les "grands" se montrent peu enclins à lancer cette nouvelle prestation, des établissements de moindre envergure ou désireux de s'implanter sur le marché français pourraient rapidement compléter leur gamme. A l'instar de CaixaBank France, filiale de la banque espagnole Caixa, qui est à l'origine de la levée de l'interdiction. Son offre sera peaufinée à la dernière minute mais le taux d'intérêt devrait se situer "autour de 1%" avec un seuil minimum fixé, pour l'heure, à 1.500 euros, a expliqué un porte-parole.

Photo d’ouverture : archives

le 05 janvier 2005 à 20:32
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