© INTERNELes pièces de 1 et 2 centimes d’euro posent problème aux Etats de l’UE. Considérant que le coût de fabrication des piécettes est plus élevé que leur valeur nominale, plusieurs pays les ont déjà abandonnées : la Finlande ne les a jamais fait circuler, les Pays-Bas ont institué un système d'arrondi et la Belgique a décidé d'arrêter leur production. Une initiative à généraliser ? Les Européens seraient-ils prêts à se passer de leurs piécettes ? Avec réticence, semble-t-il.
Un sondage Eurobaromètre réalisé par la Commission européenne et publié jeudi montre ainsi que les Européens continuent encore de penser majoritairement (53%, contre 56% l'an dernier) que le nombre des pièces euros reste approprié. Même si, interrogés sur les pièces qu’ils abandonneraient s'il était décidé de réduire la gamme actuelle, 66% des citoyens de la zone euro (5 points de plus que l'an dernier) citent les pièces d'un centime et 60% de celle de deux centimes.
En cas d’abandon de ces pièces, la principale crainte des Européens est l'inflation : 65% d’entre eux estiment que cette disparition, autorisant les commerçants à arrondir les prix, se soldera par une hausse des prix. C'est en France que cette crainte est la plus forte (81%).
Billet d'un euro : pour la BCE, c’est non
Concernant l’éventualité de l'émission d'un billet d'un euro, seuls 29% des citoyens interrogés la souhaiteraient. Mais les écarts sont grands: 72% d'Italiens, habitués aux anciens billets lires de faible valeur nominale, et 67% des Grecs, y sont favorables, contre seulement 9% des Allemands et 17% des Français. Invoquant une demande insuffisante et des problèmes de logistique, la Banque centrale européenne a déjà exclu l'émission d'une telle coupure.
Par ailleurs, le sondage révèle que la monnaie unique a fait son trou: 93% des citoyens sont à l'aise dans l'utilisation des billets et 72% dans l'usage des pièces. 54% ne souhaitent plus un double affichage. Une petite majorité de citoyens (52%, en hausse de 6 points sur l'an dernier) compte désormais mentalement en euros pour ses achats quotidiens. Même si l'ancienne monnaie nationale reste maîtresse du terrain pour les grosses dépenses (maisons, voitures): 19% seulement des citoyens comptent le plus souvent en euros pour ce type d'acquisitions.
Mais la confusion liée au changement de monnaie continue de déprimer la consommation de 36% des Européens (contre 38% l'an dernier) qui affirment acheter moins qu'avant 2002 de crainte de dépenser trop. 30% en revanche affirment acheter plus. C'est en Allemagne que l'impact a été le plus négatif: 49% des Allemands estiment dépenser moins, mais leur nombre a diminué: ils étaient 61% l'an dernier.
Photo d’ouverture : archives
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