Les Européens veulent garder leurs centimes

le 14 janvier 2005 à 07h00 , mis à jour le 13 janvier 2005 à 20h18

Les Européens sont méfiants sur l'abandon des pièces de 1 et 2 centimes d'euro, mal vues par les Etats de l’UE du fait de leur coût de fabrication. Les consommateurs de la zone euro craignent majoritairement que la disparition des centimes se traduise par une hausse des prix.

euro main pièces © INTERNE

Les pièces de 1 et 2 centimes d’euro posent problème aux Etats de l’UE. Considérant que le coût de fabrication des piécettes est plus élevé que leur valeur nominale, plusieurs pays les ont déjà abandonnées : la Finlande ne les a jamais fait circuler, les Pays-Bas ont institué un système d'arrondi et la Belgique a décidé d'arrêter leur production. Une initiative à généraliser ? Les Européens seraient-ils prêts à se passer de leurs piécettes ? Avec réticence, semble-t-il.

Un sondage Eurobaromètre réalisé par la Commission européenne et publié jeudi montre ainsi que les Européens continuent encore de penser majoritairement (53%, contre 56% l'an dernier) que le nombre des pièces euros reste approprié. Même si, interrogés sur les pièces qu’ils abandonneraient s'il était décidé de réduire la gamme actuelle, 66% des citoyens de la zone euro (5 points de plus que l'an dernier) citent les pièces d'un centime et 60% de celle de deux centimes.

En cas d’abandon de ces pièces, la principale crainte des Européens est l'inflation : 65% d’entre eux estiment que cette disparition, autorisant les commerçants à arrondir les prix, se soldera par une hausse des prix. C'est en France que cette crainte est la plus forte (81%).

Billet d'un euro : pour la BCE, c’est non

Concernant l’éventualité de l'émission d'un billet d'un euro, seuls 29% des citoyens interrogés la souhaiteraient. Mais les écarts sont grands: 72% d'Italiens, habitués aux anciens billets lires de faible valeur nominale, et 67% des Grecs, y sont favorables, contre seulement 9% des Allemands et 17% des Français. Invoquant une demande insuffisante et des problèmes de logistique, la Banque centrale européenne a déjà exclu l'émission d'une telle coupure.

Par ailleurs, le sondage révèle que la monnaie unique a fait son trou: 93% des citoyens sont à l'aise dans l'utilisation des billets et 72% dans l'usage des pièces. 54% ne souhaitent plus un double affichage. Une petite majorité de citoyens (52%, en hausse de 6 points sur l'an dernier) compte désormais mentalement en euros pour ses achats quotidiens. Même si l'ancienne monnaie nationale reste maîtresse du terrain pour les grosses dépenses (maisons, voitures): 19% seulement des citoyens comptent le plus souvent en euros pour ce type d'acquisitions.

Mais la confusion liée au changement de monnaie continue de déprimer la consommation de 36% des Européens (contre 38% l'an dernier) qui affirment acheter moins qu'avant 2002 de crainte de dépenser trop. 30% en revanche affirment acheter plus. C'est en Allemagne que l'impact a été le plus négatif: 49% des Allemands estiment dépenser moins, mais leur nombre a diminué: ils étaient 61% l'an dernier.

Photo d’ouverture : archives

le 14 janvier 2005 à 07:00
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