
Les quatre syndicats qui se réunissaient mardi ont réussi à se mettre d'accord. La CFTC, FO, la CFDT et la CGT appellent à une journée nationale d'action le samedi 5 février pour la défense des 35 heures, les salaires, le droit du travail et le développement de l'emploi, a annoncé Jacky Dintinger, secrétaire général de la CFTC, à l'issue de leur réunion. Les 4 syndicats appellent "leurs structures locales à se rencontrer pour mettre en oeuvre les formes de mobilisation et d'action les plus appropriées".
"C'est une journée importante, qui prouve que malgré les différences qui peuvent exister, les organisations syndicales sont capables de trouver sur des éléments essentiels les moyens de se rassembler", s'est réjouie Maryse Dumas (CGT). "L'emploi, les salaires et le code du travail sont les préoccupations essentielles des Français. Le fait que ces revendications soient portées par plusieurs confédérations est de bon augure", a renchéri Jacky Dintinger.
Compromis
A l'exception de la CFE-CGC qui a rapidement quitté la réunion et ne souhaite pas s'associer à la journée d'action, l'union a primé. Car l'inverse aurait fait le jeu du gouvernement. Celui-ci entend soumettre un projet d'assouplissement des 35 heures à l'Assemblée nationale début février, par le biais d'une proposition de loi en trois articles. Le ministre de l'Economie Hervé Gaymard a annoncé la couleur mardi, en affirmant que le gouvernement ne transigerait pas et qu'il n'était "pas question" que la réforme "n'ait pas lieu".
Au programme : nouvelles possibilités d'utilisation du compte-épargne temps pour les salariés et rachat des jours RTT pour les cadres. La réforme prévoit également la possibilité de déroger par accord collectif au volume légal des 220 heures supplémentaires autorisées. Dans ce cadre, la formule du "temps choisi" doit permettre aux salariés de gagner plus en travaillant plus s'ils le veulent. Un argument qui ne laisse pas les travailleurs indifférents.
Pour les syndicats, il s'agit d'une remise en cause de facto des 35 heures. Mais des actions communes n'étaient pas simples à organiser, la CGT et la CFDT n'étant pas sur la même longueur d'ondes avant la réunion de ce mardi. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, souhaitait une "mobilisation" dans "les premiers jours de février", tandis qu'à la CFDT, son homologue François Chérèque était "partisan d'une action un samedi après-midi avant le débat parlementaire". Celle-ci pourrait avoir lieu le 29 janvier ou le 5 février, indiquait-on à la CFDT lundi, soit avant le début des vacances scolaires, période peu propice aux mobilisations. Finalement un compromis a été trouvé : le 5 février est un samedi.
Photo : les principaux responsables syndicaux lors de la réunion du 11 janvier (LCI)
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