Les guides feront l'impasse sur le tsunami

Par , le 10 janvier 2005 à 18h24 , mis à jour le 10 janvier 2005 à 11h19

Les opérateurs touristiques et même les pays sinistrés n'ont de cesse d'appeler les touristes à ne pas tourner le dos aux pays d'Asie du sud. Mais les éventuels touristes auront peut-être un peu de mal à se repérer, les guides 2005 n'ayant pas eu le temps de réactualiser leurs informations.

[Expiré] [Expiré] sri lanka enfant seul au milieu de l'eau tsunami raz de marée AFP © AFP

"Si vous passez à Phuket, allez dormir chez Waan, à droite de la plage, jolie vue, accueil chaleureux". Les personnes qui décideront éventuellement d'aller passer leurs prochaines vacances en Thaïlande ou au Sri Lanka ne pourront guère se fier aux guides touristiques consacrés aux pays dévastés par le tsunami. La plupart d'entre eux ont été imprimés et mis en rayon avant la catastrophe.

Et seront donc en partie caduques. "La plupart de nos guides 2005 sont sortis à l'automne 2004. Nous ne pourrons réactualiser que les prochaines éditions c'est-à-dire celles qui paraîtront à l'automne prochain", explique Jean-Paul Labourdette, éditeur des guides Le Petit Futé. Même cas de figure pour le Lonely Planet et Le Routard. Les guides du National Geographic seront dans les rayons courant janvier ou février mais c'est également trop tard. "Il faut 6 à 8 semaines pour réimprimer", explique l'éditeur.

"Des choses plus urgentes"

Aucun d'eux ne prévoient d'insérer un erratum dans les guides pour prévenir les lecteurs que les informations et adresses concernant les régions touchées par le tsunami ne sont sans doute plus d'actualité. "Ca ne servirait pas à grand chose, les gens sont au courant", estime Jean-Paul Labourdette. En attendant les prochaines éditions, les sites internet des éditeurs de guides touristiques feront le relais. C'est déjà le cas sur routard.com qui indique aux internautes une liste détaillée des hôtels thaïlandais touchés par la catastrophe, ceux qui restent ouverts et dans quel état. Ce type de liste n'existe pas encore pour les autres pays, Indonésie, Sri Lanka, Inde…

"L'inde ayant refusé l'aide internationale, il est très difficile d'avoir des informations sur la situation et l'état des infrastructures", explique Anne Poinsot, responsable des guides du routard sur l'Inde. "Nous enverrons des personnes sur place pour réactualiser nos guides en avril ou en mai, le plus tard possible par rapport à nos dates d'impression pour laisser à ces pays le temps de s'organiser et de reconstruire", poursuit-elle. "Je n'ai pas envie d'embêter nos contacts sur place avec ça en ce moment. Ils ont des choses plus urgentes à faire".

Pages supprimées

D'autres éditeurs envisagent au contraire d'avancer les prochaines dates de parution. C'est le cas des guides Lonely Planet, très spécialisés sur l'Asie. "Nos guides sont entièrement refaits tous les 2 à 4 ans. Cela prend 6 à 9 mois pour vérifier chaque adresse et en ajouter de nouvelles", explique Christophe Corbel de Lonely Planet.

Seul le guide du Routard sur l'Indonésie fera exception. Attendu en librairie en mars, l'équipe était en train de finir la nouvelle édition au moment de la catastrophe. "Pour Sumatra, nous avons ajouté un encart déconseillant cette région aux touristes pour raison humanitaire et pour l'île de Nias qui était un spot de surf très pratiqué, nous avons décidé de supprimer les pages la concernant dans notre édition 2005", explique Anne-Caroline Dumas, responsable du guide Indonésie. Pour ses prochaines éditions sur l'Asie, le Routard prévoit de mettre l'accent sur les associations et initiatives locales qui œuvreront pour la reconstruction.

Vacances "constructives"

Un tour-opérateur de Nouvelle-Zélande souhaite aider à la reconstruction du Sri Lanka en organisant un séjour combinant découverte et participation aux secours. Le circuit, dont le départ est prévu le 20 janvier, comprend 5 jours d'excursion touristique et quatre jours d'aide à la reconstruction d'un village de pêcheurs, sans doute celui de Paiyagala, à environ 70 km au sud de la capitale, Colombo. Le voyage est proposé avec des tarifs aériens réduits, que les hôtels avaient eux aussi baissé leurs prix et que les agents de voyages en Nouvelle-Zélande et au Sri Lanka intervenaient bénévolement. Le marine sri-lankaise va fournir le transport et l'équipement.

Par Sophie Lutrand le 10 janvier 2005 à 18:24
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