Une mobilisation en demi-teinte

le 17 janvier 2005 à 19h43 , mis à jour le 18 janvier 2005 à 20h29

Selon la direction de la Poste, la journée d'action mardi contre la réforme postale a été suivie par 15% des postiers. Les syndicats parlent eux de 25 à 30% de grévistes. Une action coup de poing a été menée devant le domicile de Nicolas Sarkozy.

besancenot neuilly

Fragilisation du réseau des bureaux de Poste, menaces pour l'emploi, libéralisation des activités, les postiers ont inauguré mardi trois journées revendicatives dans le secteur public, avec notamment une manifestation spectaculaire devant le domicile de Nicolas Sarkozy, à Neuilly.

CGT, SUD, FO et CFTC (78% des salariés du groupe) avaient appelé les 300.000 postiers à la grève, ainsi que la CFDT localement. Selon la direction de La Poste, 15% des employés ont fait grève. Du côté des syndicats, le chiffre est de 25 à 30%.

La mobilisation a connu un sort variable selon les secteurs géographiques et les services. D'après les syndicats, la plus forte mobilisation a été enregistrée dans les centres financiers (chèques postaux et Caisse nationale d'Epargne), directement concernés par la création, sous forme de filiale, de l'"établissement de crédit postal (ECP)". Plusieurs rassemblements ont émaillé cette journée : à Paris, entre 450 et 700 personnes se sont rassemblées, selon la police ou la CGT, à Marseille (350 personnes), à Nantes (200), Saint-Brieuc (100 à 300 selon les sources), Orléans (150), Rennes, Lille et Tours (100 dans chaque ville), Lyon, Dijon et Grenoble.

Du rififi à Neuilly

Mardi matin, quelque 80 postiers de l'Ouest-Ile-de-France ont manifesté une demi-heure devant le domicile du président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) après avoir forcé plusieurs barrages de police. Conduits par le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) Olivier Besancenot, lui-même postier, les manifestants se sont retirés dans le calme.

La mobilisation des postiers est intervenu alors que s'ouvrait mardi soir à l'Assemblée nationale, pour trois jours, la discussion du projet de loi dit de "régulation des activités postales", visant notamment à transposer deux directives européennes de 1997 et 2002. Libéralisation des activités et création d'un "établissement de crédit postal" en sont les deux éléments saillants contre lesquels se dressent les syndicats. Ils redoutent tout à la fois la suppression de "milliers d'emplois", un recul de la présence postale dans les zones rurales, contre lequel se mobilisent des élus locaux de tous bords, et le glissement de l'ensemble des services financiers filialisés vers une activité bancaire classique, tournant le dos aux clients à revenus modestes.

Le ministre de l'Industrie Patrick Devedjian a indiqué que le gouvernement déposerait un amendement prévoyant que tout usager aura accès à un "point de contact" postal dans un périmètre de cinq kilomètres maximum.

Trois cents épargnants  attaquent la Poste

Le Tribunal correctionnel de Paris devait examiner mardi une plainte de trois cents épargnants victimes de l'ancien placement financier Bénéfic. "C'était le placement miracle de la Poste à la fin des années 90, en pleine euphorie boursière", écrit Le Parisien. Ce placement était présenté comme sûr et rentable. Or, deux ans plus tard, une fois le choc boursier passé, la perte de capital atteint entre 12% et 35%. Trois cents d'entre eux demandent aujourd'hui à être remboursés.

(Photo d'ouverture : Olivier Besancenot aux prises avec des CRS  mardi matin à Neuilly)

le 17 janvier 2005 à 19:43
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