Polémique autour de la grève des généralistes

le 21 janvier 2005 à 15h20 , mis à jour le 22 janvier 2005 à 22h13

Selon le syndicat MG-France, l'appel à la grève des généralistes contre le nouveau dispositif du médecin traitant a été suivi samedi par environ 80% des praticiens. Faux, rétorque le président du syndicat de médecins libéraux CSMF, pour qui ce jour a été "un samedi ordinaire".

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Le président du syndicat de médecins libéraux CSMF, Michel Chassang, a lancé la controverse samedi après-midi, en mettant clairement en doute les chiffres de fermetures de cabinets de médecine générale donnés un peu plus tôt par le syndicat MG-France. Selon MG-France, qui, avec la FMF, a refusé de signer la convention médicale avalisée par trois syndicats de médecins libéraux (CSMF, SML et Alliance) et l'assurance maladie, 80% des cabinets de médecine générale, soit 4 sur 5, étaient fermés samedi en signe de protestation contre le nouveau texte et le dispositif du médecin traitant. Mais cette version a été démentie par la CSMF, favorable à la réforme puisqu'elle a signé la convention médicale. "C'est un samedi normal. Il n'y a aucun - je dis bien aucun - cabinet supplémentaire de fermé par rapport à un samedi ordinaire. Donc 80% des cabinets fermés, c'est faux", a déclaré Michel Chassang en parlant "d'intoxication".

Michel Combier, le président de l'UNOF, la branche généraliste de la CSMF, a de son côté indiqué que "la moitié des cabinets de généralistes sont généralement fermés le samedi". Interrogé sur le nombre de ceux habituellement ouverts qui auraient fait grève samedi, il a répondu : "un ou deux, voire quatre ou cinq par département, mais pas plus".

Une manifestation parisienne "marginale"

Autre querelle de chiffres : combien de médecins mobilisés pour la manifestation parisienne samedi après-midi ? Plusieurs milliers selon les organisateurs, 900 à peine selon la police. Selon le président de la CSMF, la manifestation parisienne des opposants à la convention a été marginale. "Les médecins généralistes qui dénoncent la réforme sont des médecins 'référents' qui hurlent aujourd'hui parce qu'on va faire disparaître un petit privilège, qui bénéficiait à 5.000 médecins en France", a affirmé Michel Chassang. "La vérité c'est qu'il n'y a pas de révolte dans les rangs des généralistes", a-t-il assuré.

MG-France doit être reçu par le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy le mercredi 26 janvier, mais le syndicat souhaite également rencontrer Jean-Pierre Raffarin. Selon lui, la convention médicale se résume "à un emballage". La convention prévoit que, d'ici au 1er juillet, chaque assuré de plus de 16 ans doit choisir un "médecin traitant" qu'il devra consulter avant d'aller voir un spécialiste, sous peine d'un moindre remboursement et de dépassements d'honoraires. Au bout du compte, elle met en place une "médecine à deux vitesses" et  pénalise les assurés, assure MG-France.

Face à ces revendications clairement exprimées, Michel Chassang rappelle cependant que la branche généraliste de son syndicat a fait 45% des voix aux dernières élections et que le SML représente 20%. "Ces deux syndicats sont signataires de la convention et n'ont pas appelé à la fermeture des cabinets et à la manifestation", résume-t-il .

Photo d'ouverture : la manifestation parisienne des généralistes - DR

le 21 janvier 2005 à 15:20
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