En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Près d'un million d'hébergés chez des tiers

Edité par
le 31 janvier 2005 à 12h02
Temps de lecture
3min
HLM JeanLouis Borloo veut mettre un frein aux expulsions

Crédits : Manreo

À lire aussi
EconomieLa progression du nombre de personnes hébergées chez des tiers en attente de logement montre, selon la Fondation Abbé Pierre, que la crise du logement social semble loin d'être endiguée.

Entre 1996 et 2002, le nombre des personnes hébergées chez des tiers faute de logement est passé de 924 000 à 973 000 selon l'Insee, mais "on est persuadé que cela s'est aggravé", affirme Patrick Doutreligne, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre. Selon l'association, les hébergements durables posent le problème du surpeuplement et de la dégradation des logements et lorsqu'ils sont subis, conduisent à des conflits. Pour l'association, qui publie mardi son rapport 2005, ce phénomène nouveau s'inscrit dans le constat d'une crise du logement social qui perdure depuis plusieurs années.


La Fondation estime que l'objectif gouvernemental de construction de 100 000 logements par an ne sera pas atteint "sans nouvelles mesures".
L'association critique "l'ambiguïté" du programme gouvernemental de constructions de logements sociaux, qui comptabilise des logements, les PLS (prêt locatif social), exigeant pour y accéder de gagner deux fois le SMIC. La plupart des six millions de ménages qui reçoivent l'aide au logement (APL) n'ont pas accès au logement PLS, souligne M. Doutreligne. Or, ajoute-t-il, "entre 2001 et 2004, le nombre de logements sociaux accessibles a baissé de 6,5 % et le nombre de PLS a augmenté de 35 %". "On est devant un double discours gouvernemental, volontariste de la part de Borloo (ministre de la Cohésion sociale), et libéral de la part d'une aile droite qui continue à déréguler le marché", dit-il.

Un comité de vigilance "qui ne fonctionne pas"

Au cours de six dernières années, selon le rapport, le prix des appartements neufs a progressé de 54,6 %, celui des terrains à bâtir de 57,5 % et celui des logements anciens de 97,9 %, tandis que dans la même période, le revenu disponible des ménages n'augmentait que de 24 %.
Les craintes sont vives aussi, de la part de la Fondation, à propos des opérations de renouvellement urbain lancées par Jean-Louis Borloo, visant à démolir et reconstruire sur cinq ans 200.000 logements dans les quartiers difficiles.Les 20 premiers dossiers examinés par l'Agence nationale de renouvellement urbain (ANRU), selon elle, "ont un déficit de reconstruction de plus de 2.300 logements".


Sur plusieurs sites, on est "loin du 1 pour 1" (un logement construit pour un logement démoli), et les logements démolis ne sont pas, "mixité oblige", dit le rapport, remplacés forcément par un logement social. Certaines opérations se font "contre" la population du quartier, affirme la Fondation qui cite des exemples de familles que l'on déménage pour la troisième fois. Installé aux côtés de l'ANRU pour suivre les projets, le comité de vigilance dont il est membre, "ne fonctionne pas", dit M. Doutreligne, et n'est intervenu sur aucun dossier, faute d'être saisi.

Commenter cet article

      Nous suivre :
      C'est la rentrée ! : une peu d'humour politique

      C'est la rentrée ! : une peu d'humour politique

      logAudience