© PluriellesHeureux les retraités ? Oui d'après les conclusions de l'enquête que vient de publier l'Institut national d'études démographiques (Ined) de Paris. Réalisée entre 1982 et 1997, cette étude s'est intéressée aux retraites de plus d'un millier d'hommes et de femmes, tous ayant exercé une activité professionnelle. Nées en 1922, emblématiques d'un acquis social, les personnes suivies par l'Ined ont été parmi les premières à cesser de travailler à 60 ans.
Décryptés dans cette enquête : la famille, les ressources, le logement, la santé, mais aussi le mode de vie, les loisirs, les rencontres… Et surtout la question du sentiment de solitude, de l'ennui mais aussi du bonheur et de l'épanouissement.
En 15 ans, ont constaté les deux chercheuses Joëlle Gaymu et Christiane Delbès, forcément les occupations se sont réduites. Mais, relèvent-elles, "au terme de ce parcours dans la vie d'après retraite, la grande majorité des enquêtés sont heureux". La plupart du temps pour 86% des hommes et 73% des femmes. Interrogés sur leur vie, 9 hommes sur 10 et 8 femmes sur 10 s'en disent, "au fond", satisfaits.
Le sexe, facteur discriminant
La situation est cependant souvent moins roses pour les vieilles dames. Elles sont 49% (contre 31% des hommes) à avoir peur que quelque chose de mauvais leur arrive. Etant plus dépressives que les hommes, elles souffrent également beaucoup plus qu'eux de solitude (58% contre 24%). En effet, à 75 ans, être marié est encore une situation largement majoritaire chez les hommes, contrairement aux femmes dont près de la moitié sont veuves, un sort partagé par seulement 11% des hommes.
Les raisons de cette différence ? "Surmortalité masculine, écart d'âge du mariage, et plus grandes difficultés des femmes à retrouver un compagnon se conjuguent pour les vouer au veuvage", explique l'INED
Parmi les grands changements constatés par les retraités entre 1982 et 1997 : la baisse des revenus. En 15 ans, les ressources mensuelles de ces retraités ont connu une baisse de 16% à cause, selon l'INED de la croissance des prélèvements sociaux sur les retraites, la modification de la composition des ménages (décès du conjoint) ainsi que les héritages et les donations aux enfants.
Vieillissement oblige, l'état de santé s'est également détérioré. La proportion des sondés se disant en bonne ou très bonne santé a chuté de 64% à 38%. 15% se trouvant cependant en meilleure forme. Et seules 3% jugent leur état "très mauvais".
En ce qui concerne les loisirs, ils ont été délaissés au fil du temps et recentrés sur des activités domestiques, la télévision étant la grande gagnante, et dans une moins mesure, la lecture de journaux, magazines et livres.
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