© lci"J'ai déjà eu TF1, France 2, France 3, Europe 1, France Inter, je ne comprends pas qu'un débat aussi local prenne autant d'importance". La responsable de la communication de la société Eiffage, qui exploite le viaduc de Millau, n'en revient pas que l'éclairage du pont passionne les foules. Un article paru dans Le Parisien-Aujourd'hui en France mardi expliquait qu'une polémique sur le financement de l'éclairage nocturne du viaduc était née entre Eiffage et la communauté de communes Millau Grands Causses. Les dix communes avoisinantes refusent de supporter le coût de l'éclairage tandis qu'Eiffage déclarait ne pas avoir l'intention d'éclairer le viaduc à l'année et proposait à la communauté de communes de prendre le relais.
"Mais nous n'avons surtout pas eu le temps d'en discuter calmement entre nous", estime une porte-parole d'Eiffage. "Avec l'inauguration et la mise en fonctionnement du viaduc, la fin d'année a été bien chargée et la question de l'éclairage a été reportée", poursuit-elle. Devant l'intérêt porté à l'ouvrage et à sa mise en valeur, la société exploitante a invité le Président de la communauté Millau Grands Causses à une table ronde mercredi.
"Une question de principe"
"Nous ne demandons pas un éclairage continu du viaduc", précise Jean-Luc Gayraud, président de la communauté de communes qui, depuis mardi matin, enchaîne les interviews. "Nous allons proposer à Eiffage de s'aligner sur ce que nous faisons pour l'éclairage des falaises". Depuis trois ans, 3,5 kilomètres de falaises entourant le site du viaduc sont éclairés pour mettre en perspective le paysage. Mais pas tous les jours : "seulement le week-end en basse saison et tous les soirs de mi-mai à fin septembre", détaille Jean-Luc Gayraud. Cela correspond selon lui à environ 180 nuits par an, pas même la moitié de l'année. "Et encore, pas toute la nuit : jusqu'à 1h ou 2h du matin, après, ça ne sert plus à rien", commente-t-il.
Sur le financement, les élus locaux n'ont en tout cas pas l'intention de transiger : "c'est une question de principe : on ne comprendrait pas qu'une société qui a investi 320 millions d'euros pour la construction du viaduc et va en toucher les dividendes pendant 70 ans rechigne à payer une facture d'électricité somme toute dérisoire", estime le président de la communauté de communes. Eiffage avait estimé à 250 euros par jour le coût d'un éclairage nocturne. Multiplié par 180 jours, cela fait 45 000 euros par an… une paille au regard des montants brassés par ce projet. Pour calmer les esprits, Eiffage a annoncé mardi qu'elle prolongerait l'éclairage du viaduc jusqu'à fin janvier, jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée avec les communes.
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