
La proposition de loi UMP de réforme des 35 heures sera finalement soumise mercredi au vote solennel des députés. Lundi soir, devant la détermination de la gauche à combattre pied à pied ce texte, l'Assemblée a en effet décidé peu avant minuit de reporter la fin des débats, dans un premier temps, à mardi après-midi, puis finalement à mercredi.
Peu avant minuit, le président du groupe PS Jean-Marc Ayrault a demandé le quorum - la présence de la majorité absolue des députés en séance -, qui faute d'être atteint a entraîné la suspension de la séance. Marqué jeudi dernier par une nuit blanche au terme de laquelle les députés PS étaient parvenus à faire reporter la fin de l'examen du texte, le débat a repris lundi par une succession de prises de parole.
"Surenchère"
S'exprimant le premier, Gaëtan Gorce (PS) a donné le la en affirmant que le refus du Premier ministre de retirer le texte "traduisait un entêtement déraisonnable à ne pas entendre ce que lui disent les partenaires sociaux" et les manifestants. "Les Français souhaitent une véritable explication sociale et politique", a-t-il ajouté. Jean-Marie Le Guen (PS) a dénoncé la "surenchère" à laquelle se livrent, selon lui, Jean-Pierre Raffarin et le président de l'UMP Nicolas Sarkozy pour "récupérer l'aile la plus libérale de l'électorat de la majorité".
"Comme l'Enduro"
Deux des quatre co-signataires du texte, Patrick Ollier et Hervé Novelli, ont répondu aux socialistes en dénonçant leurs "manoeuvres d'obstruction" et en minimisant la portée des manifestations de samedi. Pour M. Ollier, ces défilés étaient des "bric-à-brac d'oppositions" dans lesquels "on n'a pas beaucoup vu de salariés du privé". M. Novelli a ironisé en évoquant l'Enduro motocycliste du Touquet qui a également "rassemblé 300 000 personnes", dimanche, sans incidence sur les affaires publiques.
En début de soirée, les députés ont entamé l'examen du 3e et dernier article de fond du texte, qui doit proroger jusqu'à fin 2008 (au lieu de 2005) le paiement minoré des quatre premières heures supplémentaires (10% au lieu de 25%) dans les entreprises de 20 salariés au plus, et permettre à ces salariés de renoncer jusqu'à 10 jours de RTT par an contre une majoration de salaire.
Photo d'ouverture : l'Assemblée lundi soir
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