Echange 14 RTT contre zéro

le 04 février 2005 à 10h46 , mis à jour le 04 février 2005 à 11h42

Les salariés de l'usine TRW en Moselle ont été contraints de renoncer à leurs jours de RTT afin d'échapper à un plan social concernant 300 emplois. La direction du groupe américain se félicite qu'une délocalisation ait pu être évitée.

[Expiré] [Expiré] TRW 35 heures usine Moselle © AFP

"On n'a pas eu le choix. C'était ça ou un plan social avec 300 licenciements à la clé" : amère, une déléguée du personnel d'un équipementier automobile de Lorraine résume le conflit au terme duquel les salariés de l'entreprise ont renoncé à leurs jours de RTT. Dans l'unité lorraine de Bouzonville, l'une des sept implantées en France par le groupe américain TRW, un millier de salariés travaillent à la fabrication de systèmes de freinage pour l'industrie automobile. En octobre, la direction du site a dénoncé plusieurs accords d'entreprise dont celui concernant la réduction du temps de travail. "On s'est aussitôt mis en grève pour exiger de la direction qu'elle se mette à la table des négociations", raconte Clarence Thomassin, déléguée CFTC de l'usine.

La réaction de la direction est radicale : elle affirme qu'elle ne touchera pas aux acquis sociaux mais prévoit 300 licenciements. Le personnel est alors consulté lors d'un scrutin à bulletins secrets et accepte majoritairement d'abandonner les RTT en échange du maintien des effectifs.

Réaction d'adultes

L'accord de principe signé par la CGT et la CFTC prévoit, outre le passage progressif de 14 RTT à zéro d'ici à 2007, une augmentation salariale de 2,5% en octobre prochain, 39 heures payées 38,5 en 2007 ainsi qu'une hausse des volumes de production. "L'incapacité des syndicats à s'entendre a placé la direction en position de force et nous a conduit à céder bien plus que ce que nous aurions voulu", regrette Clarence Thomassin. "On a été trompés. On a renoncé aux 35 heures pour sauver des emplois mais le plan social annoncé resurgira bientôt sous une autre forme", prédit quant à lui Jean-Michel Magard, délégué CFDT, non signataire de l'accord.

"Nous n'avons pas remis en cause les congés payés mais un accord signé il y a seulement quatre ans ! ", tempère Jean-Luc Vidal, directeur de TRW-Europe qui se félicite par ailleurs que les salariés aient "réagi en adultes, parvenant à s'extraire de l'opposition idéologique et infantile patronat-syndicats". "99% des sociétés dans notre situation n'auraient pas hésité à transférer l'activité dans un pays de l'Est", a-t-il ajouté. Le directeur assure en outre que de licenciements ou de plan social il n'est plus question "ni aujourd'hui, ni demain". "Nous resterons vigilants, prévient Jean-Michel Magard.

Un sur trois

L'Assemblée nationale a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi, en première lecture, l'article 1er de la proposition de loi UMP réformant les 35 heures. Soumettant la création des compte-épargne temps (CET) à des accords de branche ou d'entreprise, cet article permet aux salariés d'alimenter librement leur CET en jours de repos, voire en compléments de salaire, dans les seules limites de la durée maximale hebdomadaire légale du travail (48 heures) et du maintien de 4 semaines de congés payés. Les droits épargnés pourront être pris, sans limite de temps, sous forme de congés, de rémunération ou d'abondement de dispositifs d'épargne d'entreprise. Initialement prévue jeudi soir, la fin de l'examen des trois articles est reportée à lundi.

le 04 février 2005 à 10:46
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