
Les syndicats et la gauche ont réussi leur pari de mobiliser les salariés du public et du privé : la mobilisation de samedi a en effet largement dépassé celle du 20 janvier, qui avait drainé 328.000 manifestants selon les syndicats, 211.000 selon la police. Les manifestations pour les 35 heures, l'emploi et les salaires ont rassemblé en France entre 284.700 participants, selon des sources policières, et 517.250, selon les divers chiffres communiqués par les syndicats. Fort de cette mobilisation massive, le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a "solennellement" demandé samedi soir au gouvernement de "retirer" la proposition de loi sur l'assouplissement des 35 heures, alors que les députés doivent terminer lundi l'examen du texte, avant qu'il soit soumis mardi au vote de l'Assemblée.
Au total, quelque 118 manifestations ont été organisées dans tout le pays, à l'appel de la CGT, la CFDT, FO, la CFTC, la FSU, l'Unsa et Solidaires. A Paris, le cortège a rassemblé quelque 90.000 personnes, selon les chiffres des syndicats, soit près du double de la manifestation du secteur public le 20 janvier. La préfecture de police a estimé le nombre de participants à 30.000 personnes, contre 20.000 le 20 janvier.
Partout en France
En province, les défilés ont été particulièrement fournis à Marseille (10.000 selon la police, 50.000 selon les syndicats), Toulouse (entre 14.000 et 25.000) ou Bordeaux (de 20.000 à 25.000). Dans plusieurs villes, les principaux dirigeants de la gauche s'étaient joints au cortège, comme François Hollande à Rennes, Martine Aubry, Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn et Pierre Mauroy à Lille ou Marie-George Buffet à Paris.
"La mobilisation est très forte, supérieure à celle des fonctionnaires il y a trois semaines, et les salariés du privé sont très présents", s'est félicité François Chérèque (CFDT), qui avait estimé cette semaine que la journée de ce samedi serait un "succès" avec 300.000 participants. "Les premiers échos des manifestations nous montrent que ça marche et que les gens du privé sont là aussi: c'est ce qu'on voulait", s'est réjoui Jean-Claude Mailly (FO). "Contrairement à 2004, les syndicats sont davantage prêts à se mobiliser ensemble", a souligné Bernard Thibault (CGT). Estimant qu'il est de leur "responsabilité de réfléchir aux suites à donner", il a exprimé sa confiance dans la possibilité de "forcer le gouvernement à modifier sa politique".
Exemple de mobilisation du privé, des milliers de personnes (3.000 selon la police, 3.500 selon les syndicats) ont manifesté devant l'usine Arkema (Total) de Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) où la direction vient d'annoncer la suppression de 380 emplois.
Quelques chiffres... |
Photo d'ouverture : le cortège en marche à Lille, samedi après-midi - DR
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