Le grand âge frappe à 83 ans

Par , le 28 février 2005 à 18h11 , mis à jour le 28 février 2005 à 18h49

Selon un sondage publié lundi, le grand âge, lié dans l'esprit des français à la perte d'autonomie, ne "s'attraperait" qu'à partir de 83 ans. Deux ans après la canicule, les Français jugent l'action des pouvoirs publics toujours insuffisante.

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Après avoir parcouru les cinq continents, expérimenté la plongée sous marine, le deltaplane et le surf des neiges, les fringants retraités entrent, sans se presser, dans le "grand âge". Car pour près de 80% des Français, une personne ne peut être présentée comme "très âgée" qu'à partir de 83 ans, selon un sondage TNS Sofres pour la Fédération hospitalière de France (FHF) et L'Express. "Ce chiffre est assez étonnant car, 83 ans, c'est l'âge moyen auquel les personnes âgées entrent dans les maisons de retraite", souligne Nicolas Peju de la FHF.  La perception du grand âge est donc directement liée à celle de la perte d'autonomie. C'est d'ailleurs ce qui effraie le plus les Français, davantage que la solitude et la maladie.

A travers ce sondage, la FHF, qui représente les hôpitaux et maisons de retraites publics en France, a souhaité, deux ans après le drame de la canicule, faire le point sur l'opinion des Français vis-à-vis de la prise en charge des aînés. Et celle-ci n'est guère positive. Au mieux, ils se disent mal informés : 63% des Français estiment que l'on en parle insuffisamment. Et 67% jugent l'action des pouvoirs publics insuffisante. Pourtant, les Français eux-mêmes préfèrent faire l'autruche : seuls 12% ont "pris des dispositions" et, si prise de conscience il y a, ce n'est qu'à partir de 65 ans, selon l'étude.

Creux démographique

La FHF profite de l'occasion pour tirer la sonnette d'alarme. Le manque de moyens avait été révélé au grand public au moment de la canicule. "Depuis, des moyens ont été débloqués, des décisions prises comme la journée de solidarité, mais les effets ne se font pas encore sentir", regrette Nicolas Peju. Ce dernier estime que si, pour le moment, la situation n'est pas dramatique, c'est que nous sommes dans un "creux démographique : "les personnes de plus de 80 ans aujourd'hui sont celles nées au moment de la Première guerre mondiale, or, il y a eu beaucoup moins de naissances". "Mais dès 2006-2007, la courbe va remonter de façon fulgurante", estime ce porte-parole des maisons de retraite publiques.

Or, le personnel manque déjà. Aujourd'hui, le taux d'encadrement en maison de retraite est de 18 agents pour 100 personnes. "Il faudrait qu'il passe à 30 agents pour 100 patients  pour un véritable encadrement", selon la FHF. Autre constat inquiétant : un établissement sur quatre n'est pas aux normes de sécurité et un sur deux n'est pas adaptés aux personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives. La Fédération souhaiterait que les pouvoirs publics se saisissent du problème comme ils l'ont fait pour le handicap.

Photo : Initiation à internet à la maison de retraite
de Clapiers dans l'Hérault en novembre 2004.

Par Sophie Lutrand le 28 février 2005 à 18:11
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