© INTERNE"Nous maintenons notre appel à une grande journée d'action le 10 mars, tout en nous réjouissant à l'avance de voir se rencontrer à Paris en août 2012 des milliers de jeunes athlètes de tous pays pour célébrer les efforts sportifs, la paix, la fraternité et la solidarité", affirme la CGT. Enthousiasme et persévérance, ce ne sont pas les qualités requises pour l'événement sportif mais l'état d'esprit de la CGT à l'approche de la journée d'actions du 10 mars.
Contrairement aux "appels du pied" effectués ces derniers jours, la CGT a décidé de maintenir la date prévue pour la défense des salaires, de l'emploi et des 35 heures. Or, cette journée est également celle où la commission internationale olympique vient visiter la capitale. D'où la polémique.
Mardi, la CFDT qui s'est joint à l'appel à la grève, avait cependant proposé de changer de jour. Dans un entretien accordé à 20 minutes, son secrétaire général François Chérèque déclare que "si tout le monde est d'accord, on peut même déplacer d'un jour la manifestation", affirmant ne pas vouloir "mélanger les genres, ça peut peser dans la balance". Plus tôt dans la journée, le comité de candidature Paris 2012 s'était empressé de rappeler que les actions prévues le 10 mars n'étaient "en aucun cas liées à la candidature de Paris" aux JO. La journée de mobilisation "relève de la vie démocratique d'un pays où tous les acteurs sociaux ont le droit d'exprimer leurs positions, dans le respect de la loi. (…) Le mouvement n'entravera en rien la bonne tenue de la visite" de la commission, est-il assuré dans un communiqué.
Pas de ville "aseptisée"
Les autres syndicats se sont empressés de confirmer qu'ils ne voulaient aucun mal à la candidature parisienne : Force Ouvrière a ainsi rappelé qu'elle a "déjà manifesté son engagement en faveur de la candidature de Paris", tout en expliquant qu'il était "hors de question" de changer de date. Pour la CGT, "Il n'est pas question de présenter une ville aseptisée". De l'autre côté, la CFTC a appelé ses militants à "ne pas s'associer à des défilés dans les rues" et de "limiter leurs actions à des arrêts de travail dans les entreprises" afin de ne pas nuire à la candidature parisienne aux JO.
Si elle semble gêner un minimum le monde syndical, la coïncidence n'inquiète pas outre mesure le maire de Paris. "La démocratie sociale ne peut pas s'arrêter de vivre pendant sept ans" à cause des JO, a affirmé Bertrand Delanoë, qui a assuré que "l'atout majeur de cette candidature, c'est l'unité nationale autour d'elle" et que les syndicats "en font partie".
Le MEDEF veut un "moratoire"
Le président du Comité national olympique et sportif français, Henri Sérandour, s'est également dit "serein". "On fera avec, c'est cela l'expression démocratique d'un pays, a-t-il déclaré. Ce conflit aurait pu avoir lieu à une autre date, cela nous aurait sans doute arrangé. Mais c'est comme ça. Il faut respecter la démarche."
C'est à droite que l'on est le plus inquiet : pour Claude Goasguen (UMP), cette simultanéité est "un handicap très lourd qu'il ne faut pas prendre à la légère pour la candidature de Paris". Sur RMC, François Fillon a parlé "d'interférence". Enfin, le MEDEF a proposé un "moratoire visant à suspendre toute action revendicatrice jusqu'au 6 juillet 2005", date de la décision de la commission. Pour le syndicat patronal, le choix du 10 mars est la marque "de l'irresponsabilité et de l'incivisime". Mercredi matin, Hervé Gaymard, ministre des Finances, a espéré sur BFM que "la raison l'emportera" le 10 mars, afin que le CIO puisse venir dans une ville "qui ne soit pas bloquée" par des manifestations.
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