Orly : fin de non recevoir du PDG d'Air France

le 24 février 2005 à 07h11 , mis à jour le 24 février 2005 à 16h17

Jean-Cyril Spinetta juge "non pertinentes" les remarques adressées par l'Inspection du travail à la compagnie à propos de la sécurité. Les syndicats se disent jeudi "très déçus" de leur rencontre avec le PDG.

spinetta pdg Air France terminal E2 Roissy © INTERNE

Après une journée de pause, les agents de piste d'Air France à Orly ont repris jeudi leur mouvement déclenché vendredi contre la mise à pied d'un de leurs collègues après le décès accidentel d'une hôtesse, mais sans conséquence sur le trafic (Renseignements pour Paris au 0 805 77 02 03). Selon des sources aéroportuaires, seule une trentaine de grévistes étaient recensés à Orly et le même nombre à Roissy. Un membre du syndicat Sud parle lui d'une moitié du personnel des agents de pistes en débrayage jeudi matin. Le trafic aérien serait resté normal car "la direction a fait appel à du personnel d'encadrement."

Reçus en fin de matinée jeudi par le PDG d'Air France, Sud aérien et CGT se sont dits "très déçus" par cette rencontre. Selon eux, Jean-Cyril Spinetta "persiste à dire que le rapport de l'inspection du travail" sur la sécurité des passerelles "n'est pas pertinent". "Nous n'avons obtenu ni engagement sur le respect des procédures de sécurité, ni engagement sur le retrait de la lettre de mise à pied", a déclaré Julie Corbeau, une déléguée Sud Aérien. Les deux syndicats "vont travailler pour étendre le mouvement et on va rencontrer nos collègues pilotes et hôtesses", a averti Sud. Un nouvel appel à la grève des agents d'escale a été lancé à l'issue de la réunion.

Pour Jean-Cyril Spinetta, les remarques faites dans une lettre de l'inspection du travail sur le maniement des passerelles ne "lui paraissent pas pertinentes par rapport à l'accident" en cause. Selon lui, ces remarques concernent "la visibilité arrière pour le conducteur lorsqu'il fait marche arrière et qu'il retire sa passerelle". Ainsi, ce que préconise l'Inspection du travail ne préviendrait pas une chute, explique-t-il en synthèse, cela éviterait de renverser une personne sur la piste ou une collision entre engins.

"Une seule personne"

"Le problème n'est pas de savoir comment les gens reculent, le problème est de savoir s'ils vérifient avant de reculer si la porte de l'avion est fermée", a-t-il jugé. Or dans le cas de l'accident du 1er février, M. Spinetta estime "qu'il n'y a pas eu vérification - ce qui est élémentaire - que la porte était bien fermée avant que la camionnette ne recule et c'est ça qui me paraît être la cause principale et je pense même la cause exclusive de cet accident", a-t-il conclu, ne souhaitant pas faire d'autres commentaires.

"Le matériel utilisé à Orly, qui est d'ailleurs utilisé sur beaucoup d'autres escales métropolitaines, ne nécessitait pas l'assistance d'une deuxième personne pour reculer après qu'il a été au contact", a ajouté le PDG, répondant ainsi à une demande mainte fois répétée des syndicats. Le rapport de l'Inspection du travail évoquait lui-même la question du nombre insuffisant de personnel.

(Image d'archives / AFP : Jean-Cyril Spinetta)

le 24 février 2005 à 07:11
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