L'ouverture le dimanche vivement contestée

Par AG (avec afp), le 12 février 2005 à 07h42 , mis à jour le 13 février 2005 à 21h24

Le ministre des PME et de la consommation réaffirme samedi dans Le Parisien qu'il n'est "pas favorable" à l'ouverture des magasins de prêt-à-porter le dimanche, comme le suggère Patrick Devedjian. Cette proposition avait déjà suscité la colère des syndicats du textile.

soldes foule magasin commerce © INTERNE

Le ton est ferme, la position nette. Christian Jacob réaffirme dans un entretien au Parisien de samedi qu'il n'est "pas favorable" à l'ouverture des magasins de prêt-à-porter le dimanche. "J'ai déjà indiqué depuis longtemps que je  n'étais pas favorable à la multiplication des ouvertures dominicales, ma  position n'a pas changé", explique-il. Cette déclaration intervient après que Patrick Devedjian, ministre de l'industrie, eut affirmé vendredi que le gouvernement envisageait à terme  l'ouverture le dimanche des magasins de prêt-à-porter pour soutenir le secteur  du textile français, l'emploi et la consommation.

"Cette demande est très parisienne", répond Christian Jacob, ajoutant que "le petit commerce de centre-ville, contrairement à certains grands magasins ou  grandes surfaces, ne peut pas, lui, se permettre d'ouvrir le dimanche en raison  de ses structures en personnels". "Je ne suis pas contre des assouplissements", indique le ministre, "mais dans le cadre législatif actuel car il n'est pas question de fragiliser les commerces de centre-ville au profit de la grande distribution"."On pourrait par exemple envisager de nouveaux découpages des zones  touristiques pour coller au plus près de la réalité", prône le ministre qui a toutefois rappelé que… "l'ouverture des magasins le dimanche ne relève que du ministre du commerce".

"Un gag à mourir de rire"

La déclaration de Patrick Devedjian avait déjà provoqué la colère des syndicats et du commerce indépendant."Dire qu'en ouvrant le dimanche on compenserait la levée des quotas chinois, c'est un gag à mourir de rire. Il faudrait alors refuser de vendre des produits chinois le dimanche", affirme Charles Melcer, président de la Fédération nationale de l'habillement, qui représente 40.000 boutiques indépendantes et un quart à un tiers du marché français de l'habillement. "Si vraiment ouvrir le dimanche dopait la consommation, alors je dirais à tout le monde d'ouvrir nuit et jour, 365 jours par an !", a-t-il ironisé. "C'est le pouvoir d'achat qu'il faut doper, et lui n'augmente pas. Si on a dépensé 100 euros le dimanche pour s'équiper, on ne les dépense pas le lundi", a-t-il poursuivi.

La fédération CFDT du textile a elle aussi dénoncé les propositions du ministre de l'Industrie : "Depuis plusieurs mois, ce ministre, libéral grand teint, préconise une déréglementation totale des jours d'ouvertures du commerce. L'ouverture des magasins de prêt-à-porter n'est qu'une étape dans cet objectif. Une fois de plus, c'est sans concertation avec les partenaires sociaux" que M. Devedjian "tente de faire passer en force cette proposition". Même tonalité du côté de la CGT-commerce pour qui "cette décision n'a pour seul objectif que d'accentuer la déréglementation,  banaliser le travail du dimanche en faisant disparaître la notion du repos  dominical afin de rendre les salariés corvéables à merci".

Par AG (avec afp) le 12 février 2005 à 07:42
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience