Le torchon brûle à la CGT

Par PE , le 03 février 2005 à 19h07 , mis à jour le 04 février 2005 à 10h45

Le Comité confédéral national de la CGT s'est prononcé à 82% des votants "pour le rejet du traité constitutionnel" européen. Son secrétaire général Bernard Thibault "prend acte" mais "désapprouve". Il va jusqu'à dénoncer "des carences en matière de démocratie interne".

thibault bernard CGT © INTERNE

Le Comité confédéral national de la CGT s'est prononcé à 82% des votants "pour le rejet du traité constitutionnel" européen, appelant "tous les salariés à participer" au référendum, selon une déclaration publiée jeudi. Dix-sept membres du CCN se sont abstenus. "La CGT se prononce contre la construction européenneactuelle marquée par un assujettissement des droits sociaux aux logiques de la rentabilité et de la concurrence dont les principales dimensions se retrouvent dans le projet de traité constitutionnel", selon la déclaration.

Ce résultat est un échec cinglant pour Bernard Thibault qui souhaitait s'en tenir à un avis syndical sur le sujet et non pas une consigne de vote. Dans un communiqué, le secrétaire général dit "prendre acte" de cette décision tout en "désapprouvant le processus et la démarche". Dans une adresse aux organisations de la CGT, il dénonce "des carences en matière de démocratie interne et de respect des règles de vie communes" à la CGT. Les partisans du non lui répondent qu'il s'agit d'un "non syndical et pas d'un non politique".

Maryse Dumas, secrétaire de la CGT, parle d'un "électrochoc" et juge impératif la relance de la démocratisation interne. A l'inverse, la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a jugé ce vote "formidable", jeudi soir à Tulle, affirmant qu'une "dynamique" était en train de se créer autour du "non".

Partisans du non, Georges Sarre, premier secrétaire du Mouvement républicain et citoyen (MRC), et le socialiste Gérard Filoche se sont félicités de la décision du Comité confédéral national. Selon George Sarre, "la CGT se montre digne de son histoire et agit conformément aux interêts du monde du travail". Dominique Strauss-Kahn a affirmé vendredi dans Libération que c'était une décision qu'il regrettait mais qu'il comprenait. L'ancien ministre socialiste, fervent partisan du oui au référendum appelle toutefois les Français à "ne pas se tromper de colère".

La gauche et le référendum

- La majorité des adhérents PS s'est prononcée pour le oui le 1er décembre
- PCF, LO, LCR, MRC : "Non"
- Les Verts ne se sont pas encore prononcés

Par PE le 03 février 2005 à 19:07
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