Le Norway, ex France, dans le port de Bremerhaven (LCI) © LCICe bateau vaut de l'or. Plus exactement, les pièces de ce bateau. Lassé des atermoiements pour le rachat du France, rebaptisé Norway, son propriétaire norvégien prévient dans Ouest-France : "Les démolisseurs prennent livraison du paquebot lundi... à moins que, d'ici là, je reçoive le chèque tant attendu". Un chèque de 20 millions d'euros que personne ne semble prêt à signer.
Le calcul est vite fait. Entier, maintenu à quai dans le port allemand de Bremerhaven, le paquebot y coûte 385 000 euros par mois à son propriétaire. Alors qu'à la casse, dépecé, il pourrait rapporter gros au vu du cours exceptionnel de l'acier, dopés par une Chine boulimique
Deux cents millions d'euros
Le groupe d'immobilier de loisirs, Pierre et Vacances, dernier candidat crédible à ce rachat, a renoncé mardi à acquérir le paquebot mis en service en 1961, estimant que le projet lui coûterait 200 millions d'euros.
L'homme d'affaires français, Isaac Dahan, qui avait lancé l'idée d'ancrer le paquebot à Honfleur, a laissé entendre que la menace de vente n'était pas aussi imminente qu'il y paraissait. "Le vendeur m'a dit cela jeudi, mais il me l'avait déjà dit quarante fois auparavant", tempérait-il.
Soutien de l'Etat
Isaac Dahan, qui n'a pas encore baissé les bras, a lancé un appel aux "pouvoirs publics, élus locaux et régionaux, associations et mouvements, partis de droite et de gauche, en leur demandant de soutenir le retour" du paquebot en France. Son association a contacté le Premier ministre pour tenter d'obtenir un délai supplémentaire auprès de l'armateur.
Construit à Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, le France a été durant plus de dix ans affecté aux traversées Le Havre - New York puis désarmé en 1974. Vendu en 1979 et rebaptisé Norway, il est relégué à Bremerhaven depuis l'explosion d'une chaudière qui a coûté la vie à huit marins en 2003.
(Image LCI : le Norway à Bremerhaven)
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