"Bolkestein" : le bras de fer de Chirac

Par D.S. (d'après AFP), le 15 mars 2005 à 14h08 , mis à jour le 15 mars 2005 à 20h32

Le président français a réitéré mardi auprès de la Commission son opposition au texte prônant l'application du droit d'origine. Une façon de s'ériger en défenseur de l'Europe sociale quand le "oui" à la Constitution perd du terrain.

Chirac

Jacques Chirac a décidé d'entamer un bras de fer avec la Commission européenne. Mardi, le président français a jugé "inacceptable" le projet de directive sur la libéralisation des services dans l'Union européenne, dite Bolkestein. Il demande une "remise à plat" complète. Chirac "a rappelé l'engagement pris par la Commission de réviser ce texte en vue d'aboutir à un consensus, ce qui est la seule méthode acceptable", a-t-on indiqué à l'Elysée.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a défendu lundi le "principe du pays d'origine" au cœur de la controverse sur la libéralisation des services dans l'UE, en reprochant à ses adversaires de refuser les conséquences de l'élargissement. Paris, de même que l'Allemagne, la Belgique et la Suède, assurent qu'autoriser un prestataire de services à appliquer le droit de son pays et non celui du pays dans lequel il se trouve ouvre la voie au "dumping social".

"Ne pas compliquer"

A onze semaines du référendum sur la Constitution européenne, le "oui" perd à nouveau du terrain dans les sondages. Or la directive Bolkenstein est l'un des drapeaux rouges agités par les partisans du "non" pour convaincre les Français de la nécessité de rejeter le traité, jugé trop libéral. Selon le porte-parole de l'Elysée, Jacques Chirac a rappelé que "l'Europe, c'est la protection des droits sociaux, c'est la loyauté des conditions de concurrence, c'est le développement des services publics et c'est le respect de la diversité culturelle".

Mardi, la Commission européenne a indiqué vouloir éviter qu'une incompréhension en France de sa position sur l'ouverture du marché des services dans l'UE rende encore plus difficile un débat déjà compliqué. Bruxelles rappelle que "le président de la Commission a indiqué qu'il prendrait en compte les préoccupations exprimées sur le principe du pays d'origine, sur les services d'intérêt général et de santé". "Nous voulons apporter à la directive les adaptations nécessaires pour éviter tout dumping social", a-t-on souligné à Bruxelles, sans pouvoir préciser pour l'instant la nature de ces adaptations.

(Image LCI - archives : Jacques Chirac)

Par D.S. (d'après AFP) le 15 mars 2005 à 14:08
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