
A l'heure où les assureurs communiquent sur la baisse des primes d'assurance automobile, ils sont moins prompts à parler des deux-roues. Et pour cause, la courbe des tarifs n'a pas entamé de grand plongeon. Pour les cyclos, ce serait même plutôt la flambée. A Paris et dans les grandes agglomérations, il est devenu presque impossible d'assurer un 50 cm3, le segment maudit. Trop de blessés, trop de vols : le deux-roues petit format a mauvaise presse.
L'immatriculation, devenue obligatoire pour les nouveaux 50 depuis l'été dernier, n'a pas encore porté ses fruits. Censée faire diminuer le nombre de vols et responsabiliser les (jeunes) conducteurs, elle ne sera généralisée à tout le parc qu'en 2009. D'ici là, les assureurs n'escomptent pas un changement. "Neuf, un 50 cm3 est en sursis", ironise l'un d'entre eux. Beaucoup avouent préférer ne pas couvrir ce genre de véhicule. "Nous ne le faisons plus que lorsque l'assuré ou sa famille a déjà un contrat chez nous, pour l'auto ou la maison", explique-t-on chez un assureur.
"Offre raisonnable"
La Mutuelle des motards, elle, a décidé de ne plus assurer les titulaires de cyclomoteurs, à moins qu'une personne du foyer soit déjà assurée. Trop risqué. Trop cher. "On espère proposer une offre raisonnable pour tous dans le courant de l'année", promet-on. Pour les cyclos déjà assurés par la Mutuelle, les primes flambent. Les assurés via Peugeot Motocycles, en particulier, ont reçu une lettre leur annonçant une hausse de 30% des tarifs cyclos. Ainsi, couvrir un 50 cm3 mis en service en 2004 coûtera, à Paris, plus de 600 euros à partir du 1er avril. Dissuasif ? C'est pourtant un des meilleurs prix.
Pour les motos, l'ardoise n'explose pas. Et pourtant, les motards restent particulièrement touchés par les accidents. "En principe, les primes devraient augmenter mais le marché est très concurrentiel", explique un important assureur qui désigne la MAAF comme le trublion du moment. Cette dernière annonce, à grand renfort de publicité, une baisse de ses tarifs jusqu'à 7%.
Négocier ses primes
AXA, qui ne couvre que certains profils de motards, parvient par ce tri sélectif à diminuer ses tarifs jusqu'à 5%. Tant pis pour ceux qui ne rentrent pas dans les critères. A la MAIF, certaines primes ont diminué de 1 à 2%, bien que les sinistres déclarés aient bondi de plus de 6%. Quant à la MACIF, qui assure "calculer ses tarifs au plus juste", elle espère une stagnation des primes pour l'année, malgré une augmentation des sinistres.
Les motards ont un avantage sur les cyclos : ils peuvent faire jouer la concurrence. A la Mutuelle des motards, par exemple, les customs, moins volés, bénéficient d'une baisse de 7 à 13% des primes. Les quads, qui attirent la convoitise, n'ont pas cette chance. Toujours à la Mutuelle, l'assuré possédant une moto de plus de quatre ans obtiendra 25% de réduction sur sa garantie Dommages tous accidents. Le critère géographique est aussi pris en compte, comme à la MAAF où les Toulousains et les Caennais jouissent de primes plus avantageuses. Pour les cyclos, c'est à prendre ou à laisser. Et il est à craindre que certaines bourses ne puissent suivre.
Dernier recours |
En cas de refus d'un assureur, le propriétaire d'un deux roues peut toujours se tourner vers le Bureau central de tarification (BCT), qui à l'issue d'une procédure peut enjoindre l'assureur de couvrir le motard en responsabilité civile. Le tarif est fixé par le Bureau. En revanche, l'assureur n'est pas tenu d'offrir une garantie complémentaire. Ces formalités prennent au minimum deux mois. La saisine du BCT par des propriétaires de deux roues est relativement fréquente. Plus de renseignements sur le portail du Service public, en cliquant ici |
(Image DR : le Peugeot Ludix, dessiné pour les ados)
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