© DRLes négociations sur les salaires des fonctionnaires ont échoué mardi soir entre les syndicats et le ministre de la Fonction publique Renaud Dutreil, ce dernier décidant d'appliquer de façon unilatérale sa proposition initiale d'une revalorisation de 0,8% pour 2005. Tout au long des sept heures de négociations, les syndicats sont restés fermes sur leur exigence de ne négocier que sur les salaires pour 2005 alors que Renaud Dutreil leur proposait un accord salarial global portant à la fois sur les années 2005 et 2006.
Devant ce blocage, le ministre de la Fonction publique a finalement renoncé à l'idée d'un accord avec les syndicats ainsi qu'à celle de mettre en place un accord bisannuel. Il a fait le choix d'une décision unilatérale pour la seule année 2005, d'un montant de 0,8% se décomposant en 0,5% au 1er juillet et 0,3% au 1er novembre. En décembre 2004, le gouvernement avait déjà accordé une revalorisation générale des salaires de 1% pour l'année 2005 (+0,5% au 1er février et +0,5% au 1er novembre). Après plusieurs journées de mobilisations, Jean-Pierre Raffarin avait demandé à son ministre de rouvrir les négociations salariales en mars.
"Le projet 2005-2006 était très attractif, les organisations syndicales ont décidé de le refuser, c'est leur choix. On peut regretter qu'elles n'aient pas saisi la perche tendue par le gouvernement", a déploré mardi soir Renaud Dutreil devant la presse.
"Seule la mobilisation paie"
Commentant la revalorisation de 0,8%, le ministre a estimé que c'était "une mesure juste pour les fonctionnaires et raisonnable pour le gouvernement", la chiffrant à "350 millions d'euros pour les agents de trois Fonctions publiques, financés sans augmentation d'impôts et sans aggravation du déficit public", a assuré M. Dutreil. Il a également indiqué avoir convoqué les fédérations de fonctionnaires le 5 avril pour "débattre des différents thèmes à négocier avec les syndicats".
Les syndicats ont globalement accueilli plutôt favorablement cette nouvelle mesure, tout en soulignant que la perte de pouvoir d'achat de 5% depuis 2000 n'était pas résorbée. "Seule la mobilisation paie, parce que la mesure nouvelle n'a été obtenue que parce que les salariés se sont mobilisés. C'est indéniable. Le ministre a retiré entièrement le tapis concernant 2006", a souligné Jean-Marc Canon (CGT).
"Le gouvernement a essayé à tout prix de nous enfermer dans une discussion 2005 2006 alors qu'il savait pertinemment que ce n'était pas notre position, et ce n'est que contraint et forcé, au bout de la soirée, qu'il a reconnu qu'il n'y avait pas d'accord. On lui demandait de pouvoir rediscuter de 2006 dans quelques jours ou quelques semaines", a indiqué Gérard Achieri (FSU).
(image Renaud Dutreil mardi/DR)
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