La flambée du pétrole inquiète les professionnels

le 18 mars 2005 à 08h58 , mis à jour le 18 mars 2005 à 22h17

Billets d'avion, tourisme, gaz, essence : l'augmentation persistante des cours du pétrole handicape les professionnels du tourisme et les transporteurs en France.

pompes essence petrole gaz © INTERNE

A New York, le cours du baril de brut a franchi jeudi la barre des 57 dollars le baril pour la première fois de son histoire. A Londres il a grimpé jusqu'à 56 dollars. Devant cette fièvre noire, le ministre des Finances Thierry Breton a promis de poursuivre les mesures d'aide aux professionnels prises l'an dernier, notamment pour les marins-pêcheurs, les agriculteurs, et les transporteurs routiers "si la situation perdurait". Car ces derniers ne peuvent pas toujours répercuter cette hausse sur les consommateurs ou leurs clients.

Lors de la dernière flambée des prix du pétrole en octobre 2004, les transporteurs aériens et tour-opérateurs avaient répercuté la hausse des prix du carburant, en augmentant les prix des billets d'avion et des forfaits voyage. Pour l'instant, Air France, qui avait augmenté ses billets de 2 à 12 euros en août 2004 en raison de l'envolée des cours, indique être "très attentive" à l'évolution des cours du pétrole. Les tour-opérateurs affirment être prêts à répercuter une éventuelle hausse des prix du billet d'avion. "Nous sommes des assembleurs de prix d'avions, d'hôtels et de transfert, avec des marges extrêmement faibles, donc on ne peut que répercuter ces hausses", bien que les catalogues de la saison estivale soient déjà imprimés, explique René-Marc Chikli, président de l'Association des tours opérateurs-Ceto.

Le prix du gaz, indexé sur les prix du pétrole, devrait logiquement augmenter, a estimé jeudi le ministre délégué à l'Industrie Patrick Devedjian, sans donner de détails sur la date et l'ampleur de cette augmentation pour les ménages. En novembre 2004, une hausse de 3,8% avait été appliquée pour les particuliers.

Les transporteurs routiers affirment en revanche avoir plus de difficultés à répercuter la hausse du prix moyen du gazole à la pompe qui, le 11 mars, avait augmenté de 20,66% au cours des 12 derniers mois (en glissement) à 0,8311 euros par litre (hors TVA), selon le ministère de l'Industrie. Le prix du gazole "représente désormais un quart du prix de revient d'un camion de 40 tonnes en longue distance", contre 20% il y a un an, déplorent les fédérations de transporteurs. La Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) affirme que cela se traduit par de nombreuses défaillances d'entreprises, qui ont atteint un "sommet" en décembre, avec 24% de cessations d'activité en plus par rapport à décembre 2003.

Dans le transport maritime, la hausse n'est "pas répercutée sur les prix tant que les marchés sont bons, notamment en Chine", explique l'association des Armateurs de France. Pour le fioul domestique, la hausse "ne va pas trop se faire sentir car on est sorti d'une forte demande" avec l'arrivée du printemps, affirme Frédéric Plan, délégué général de la Fédération française des combustibles et carburants (FF3C).

le 18 mars 2005 à 08:58
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience