
Pour sa première conférence de presse, le ministre de l'Economie Thierry Breton a expliqué qu'il entendait faire de la réactivité une méthode. "Aujourd'hui, le rythme de l'économie, c'est trois mois, et il faut s'adapter" a-t-il insisté. Et pour prouver sa réactivité, il a essayé mercredi matin d'éteindre la grogne des salariés du privé, et du public. Le ministre de l'Economie a estimé que "redonner au plus vite du pouvoir d'achat aux Français est aussi un moteur de confiance et moteur de croissance".
Il a ainsi annoncé que l'Etat soutiendrait le versement d'une prime exceptionnelle d'intéressement cette année par les entreprises qui ont fait des profits importants en 2004. "Nous avons décidé, de façon exceptionnelle, pour les entreprises qui ont des accords d'intéressement (...), d'augmenter cette capacité de versement de primes au titre de 2004 de 15%", a-t-il déclaré. Cette prime exceptionnelle d'intéressement sera exonérée de charges sociales et déductible de l'Impôt sur les sociétés, a-t-il précisé. "J'invite donc les organisations syndicales à discuter avec les entreprises pour mettre ça en oeuvre le plus rapidement possible", a ajouté le ministre.
Ce dispositif sera d'autre part ouvert aux entreprises qui n'ont pas d'accord d'intéressement mais qui ont fait de bons résultats en 2004.Thierry Breton a reconnu que le pouvoir d'achat était un "vrai sujet" pour "tous les Français", y compris pour les fonctionnaires, et que le ministre de la Fonction publique Renaud Dutreil avait "mandat" de "tout mettre sur la table" avec les syndicats lors de la réunion du 22 mars.
La croissance 2005 revue à la baisse
Autre priorité du nouveau locataire de Bercy, la recherche et développement dont le niveau est trop faible en France. Il a proposé une mesure incitant à développer les partenariats entre les grands groupes et les laboratoires de recherche, en donnant un crédit d'impôt de 65% des versements effectués pour financer les projets de recherches des PME innovantes, des laboratoires publics et des organismes de recherche.
Par ailleurs, le ministre des Finances Thierry Breton a revu en baisse la prévision de croissance de 2005, évoquant désormais "une fourchette de 2 à 2,5%" alors que la prévision officielle était de 2,5% jusqu'à présent. Il a remarqué que l'économie française "aura connu en 2004 sa meilleure année depuis 2000", avec une croissance de 2,5% en données non corrigées des variations saisonnières.
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