Inquiétudes sur les réserves françaises de gaz

Par F.L. (avec AFP), le 08 mars 2005 à 18h32 , mis à jour le 09 mars 2005 à 15h09

La fédération CGT Mines-Energie a lancé mardi un cri d'alarme : les réserves de gaz disponibles en France ne couvriraient plus que quelques jours de la consommation nationale. La direction de GDF se veut rassurante et affirme que les stocks sont "normalement bas comme à chaque fin d'hiver".

raffinerie petrole gaz indust.entrep economie © INTERNE

La fédération CGT Mines-Energie (premier syndicat du secteur) a affirmé mardi dans un communiqué que la France "ne dispose plus que de quelques jours de stocks de gaz disponibles" pour faire face aux besoins des clients, industriels ou particuliers, utilisateurs de gaz. En outre, a ajouté ce syndicat, "Gaz de France (depuis le 1er mars) et Total, les deux opérateurs gaziers opérant en France ont été obligés de suspendre les livraisons de gaz des 'contrats interruptibles' à leurs clients industriels".

Réponse de la direction de Gaz de France : selon GDF, ses stocks en gaz sont "normalement bas comme à chaque fin d'hiver" et "gérés de façon à alimenter tous nos clients jusqu'à ce que la période d'hiver soit passée". Selon le service de communication de GDF, joint par tf1.fr, l'ensemble des moyens disponibles ont été mobilisés pour assurer la continuité de l'approvisionnement. Les livraisons à la France dans le cadre des contrats d'approvisionnement avec d'importants producteurs gaziers comme la Russie ont été portées à leur maximum. La France peut également avoir recours à des achats sur les marchés à court terme auprès de divers pays européens.

GDF a toutefois précisé qu'elle avait demandé "la semaine dernière" à 200 clients industriels, parmi lesquels des agriculteurs qui produisent sous serres d'interrompre momentanément leur consommation de gaz, conformément à leurs contrats avec l'entreprise publique. Explication : ces entreprises bénéficient de contrats particuliers, avec un prix particulièrement avantageux ; en échange de quoi, GDF peut leur demander, si l'état des stocks de gaz le justifie, de ralentir ou cesser leur consommation de gaz et d'avoir recours à d'autres sources d'énergie - d'où ce terme de "contrats interruptibles". C'est ce qui a été fait. Une procédure normale, donc, selon GDF.

GDF plaide les conditions climatiques exceptionnelles

Mais pour la CGT, cette situation "n'est pas due à la température" et au froid actuel mais "pourrait être la conséquence d'opérations financières sur le marché du gaz".  Selon Yves Ledoux, membre de la commission exécutive de la fédération CGT-Energie, "les stockages qui sont pleins avant l'hiver, auraient dû être très remplis" mais Gaz de France "pourrait avoir soutiré du gaz de ces stockages pour le vendre à des clients industriels alors qu'il était très cher sur le marché spot (court terme)". Et c'est pour cette raison que GDF "aurait décidé de ne plus approvisionner une partie de ces clients (ceux qui ont des contrats interruptibles), en raison du prix élevé du gaz sur le marché et donc par crainte de réaliser une marge insuffisante, GDF ne pouvant pas demander un prix trop élevé aux clients". Conséquence : "si la situation climatique (de grand froid) perdurait ou si un défaut de fonctionnement survenait dans les systèmes d'importation actuels de gaz, des usines et des entreprises devraient s'arrêter et la continuité d'alimentation en gaz domestique ne serait plus assurée".

Une hypothèse démentie mardi soir par le service de communication de GDF. Selon une porte-parole de Gaz de France, "les stocks, qui étaient effectivement au maximum au début de l’hiver, ont été gérés uniquement en fonction du climat. Il n’y a pas eu ce type d’opération financière". Et si les stocks sont aujourd'hui plus réduits que prévu, le seul responsable est l'actuelle "période de froid qui arrive à la fin de l’hiver. C'est la période de froid la plus dure depuis 1960 sur fin février-début mars ; elle constitue un risque climatique évalué à 2 ou 3%, ce qui signifie qu'on ne rencontre, statistiquement, que deux ou trois fois par siècle".

Photo d'ouverture : raffinerie - archives

Par F.L. (avec AFP) le 08 mars 2005 à 18:32
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