Invasion chez Total

Par AFP, le 15 mars 2005 à 12h31 , mis à jour le 15 mars 2005 à 15h41

Huit cent salariés d'Arkema ont envahi mardi matin la tour Total pour protester contre la suppression annoncée de 548 postes en France. Après une entrevue jugée infructueuse avec la direction du groupe, les salariés se sont rendus au siège de la filiale en restructuration.

[Expiré] [Expiré] Tour Total © AFP

Dans un tapage assourdissant avec force tambours, sirènes d'alarme et pétards, environ 800 salariés de la société Arkema, filiale du groupe Total, ont envahi mardi en milieu de journée la tour Total, siège social du groupe, au quartier d'affaires de la Défense, dans les Hauts-de-Seine. En début d'après-midi, ils ont quitté les lieux dans le calme après avoir été reçu par la direction et se sont ensuite rendus au siège d'Arkema. "Nous n'avons obtenu aucune promesse", a déclaré un délégué CGT.

Présents parmi les manifestants, Jean-Louis Bianco, président PS du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, a appelé à "la poursuite de la mobilisation". "Ils veulent jeter l'usine, mais s'il le faut, on descendra sur les Champs-Elysées", a-t-il déclaré. "Le gouvernement ne s'est jamais mobilisé" sur cette affaire, a affirmé M. Bianco, accusant le ministre français délégué à l'Industrie, Patrick Devedjian, d'être "le porte-parole de Total".

Bénéfices record

Arkema a annoncé le 27 janvier dernier 548 suppressions de postes en France. "On veut que la direction revoie son plan social. On a fait faire une expertise économique, d'autres solutions sont possibles", a déclaré un délégué CGT. Le rapport d'expertise devait être présenté mardi après-midi, lors d'un comité central d'entreprise d'Arkema qui devrait se poursuivre mercredi. Total a annoncé des bénéfices 2004 record, à 9,04 milliard d'euros (+23% en 2004), soit les profits les plus importants jamais dégagés par une entreprise française.

Des élus dans les rangs

Les salariés brandissaient des drapeaux aux couleurs de la CGT et de la CFDT. Des élus locaux (PS, PC, UMP, chevènementistes) venus notamment du Sud-Est étaient également présents, parmi lesquels Jean-Louis Bianco, président PS du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, et José Estanez (PS), le maire de Saint-Auban, ville des Alpes-de-Haute-Provence où 380 suppressions d'emploi sont prévues.

Au total, 380 postes sur 713 seront supprimés à l'usine de Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), 76 postes sur 305 à Saint-Fons (Rhône), 30 postes sur 265 à Balan (Ain), 51 postes sur 583 à Jarrie (Isère) et 11 postes au siège social de La Défense (Hauts-de-Seine). Arkema emploie environ 8.000 personnes en France. Au total, la société compte 60 usines en Europe, 20 aux Etats-Unis et 10 en Asie, rassemblant 19.300 salariés.

(Image La Tour Total de La Défense/Patrick KOVARIKAFP)

Par AFP le 15 mars 2005 à 12:31
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