Le cortège des manifestants dans les rues de Paris © DRLes syndicats crient victoire. La manifestation parisienne pour les salaires, les 35 heures et l'emploi a réuni 150.000 personnes, jeudi, selon une évaluation commune aux organisations syndicales communiquée par la CGT, alors que le défilé n'était pas encore terminé. La préfecture de police, pour sa part, en a dénombré 35.000. Lors de leur précédente journée d'action, le 5 février, les syndicats avaient mobilisé 90.000 manifestants dans le cortège parisien, selon la CGT, 30.000 selon la préfecture de police de Paris. Les organisateurs ont salué cette mobilisation "plus importante que le 5 février", selon Jean-Claude Mailly (FO) et ont appelé fermement le gouvernement à donner "des réponses rapides et précises" en matière de négociations salariales, à l'image de Bernard Thibault (CGT). François Chérèque (CFDT) a rappelé l'attachement de sa confédération à la défense des 35 heures.
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| Les principaux cortèges, hors Paris - DR |
A travers tout le pays, entre 570.000 manifestants (police) et 1 million (syndicats) sont descendus dans la rue - une évaluation à comparer, là encore, avec les 500.000 manifestants comptabilisés par la CGT au soir du 5 février. Au fil des cortèges, où enseignants et lycéens et enseignants cotoyaient fonctionnaires territoriaux, chercheurs, salariés d'EDF-GDF, on pouvait voir aussi de nombreuses banderoles du privé : Lidl ou Alcatel à Marseille, EADS, Latécoère ou Carrefour à Toulouse, Legrand à Limoges. Pas moins de 150 manifestations étaient programmées dans toute la France.
"Il faut tenir compte des messages"
Près de 50.000 manifestants se sont ainsi rassemblés dès jeudi matin à Bordeaux, plus de 14.000 à Pau et de 6.500 à 10.000 Limoges ; ils ont défilé dès la mi-journée dans les rues de Marseille, où les organisateurs ont comptabilisé 100.000 manifestants (19.000 selon la police). Forte mobilisation également à Clermont-Ferrand (10.000 à 25.000 manifestants), Rennes (10.000 à 30.000), Nantes (entre 15.000 et 30.000), Rouen (où Laurent Fabius s'est joint au cortège de 10.000 à 15.000 manifestants), Toulouse (15.000 selon la police), Perpignan (6.000, selon la même source). D'autres cortèges ont pris place à Lyon, Boulogne-sur-mer et Valenciennes.
Ces manifestations se sont combinées avec des mots d'ordre de grève lancés par la plupart des organisations syndicales. CGT, CFDT, FO ainsi que les organisations syndicales UNSA et Solidaires, avaient ainsi appelé ce jeudi les salariés du privé et du public à des arrêts de travail. La CFTC, sans appeler à manifester, avait appelé à des débrayages. Seule la CFE-CGC (cadres), que la réforme des 35 heures votée à l'Assemblée a en partie satisfaite, ne s'est pas jointe au mouvement. Des appels à la grève et à manifester ont été lancés à EDF-GDF, à La Poste et à France Télécom, dans le secteur bancaire... Les transports (métros, bus, trains, avions, transports routiers) ont été particulièrement touchés. La SNCF et la RATP ne prévoyaient ainsi qu'un retour à la normale progressif vendredi matin.
Les taux de grévistes par secteur - SNCF : 29,75% des cheminots étaient en grève jeudi
- La Poste : entre 15% et 25% de grévistes
- France Télécom : 24% de grévistes
- EDF-Gaz de France : 28% de grévistes
- Education nationale : entre 23,61% (personnels non enseignants) et 41,23% de grévistes (primaire), selon le ministère ; les syndicats donnaient un taux de 60% en moyenne en primaire et de 54% dans le second degré
- Impôts : 44% de grévistes, selon les syndicats
- Equipement : 13%
- Intérieur : 7,61%
- Justice : 11,60%
- Défense : 8,67% du personnel civil
- Agriculture : 17,62%
- Jeunesse et Sports : 11,76%
- Banque de France : entre 19% (direction) et 40% (CGT) de grévistes
- Contrôle aérien : moins de 10% de grévistes au plan national, mais l'Ile-de-France a été très touchée avec 60% de grévistes au centre d'Athis-Mons
Photo d'ouverture : le cortège des manifestants dans les rues de Paris - DR
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