Reprise "au ralenti" pour cause de chômage

Par AFP, le 24 mars 2005 à 07h00 , mis à jour le 24 mars 2005 à 07h23

L'Insee estime dans sa note de conjoncture publiée jeudi que la légère reprise, due à une forte augmentation de la consommation des ménages cet hiver, est plombée par des prévisions d'emploi peu encourageantes.

INSEE © TF1

Le texte commence par une jolie formule puis devient très terre-à-terre. Dans sa note de conjoncture publiée jeudi, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) délivre un message sans enthousiasme sur l'état de l'économie, estimant que malgré "l'embellie hivernale" due à la consommation, la reprise est plombée par un taux de chômage qui ne devrait repasser sous les 10% qu'en fin de semestre.

"Deux trimestres à 0,53 nécessaires"

La reprise est ainsi "au ralenti", estime l'Insee. Au total, en 2004, la France s'en est plutôt mieux sortie que ses partenaires, avec une croissance de 2,3%. Pour le début 2005, l'Insee envisage une croissance de 0,6% au premier trimestre et un ralentissement à 0,3% au deuxième.

Mercredi, le responsable de la conjoncture Michel Devilliers a douché l'espoir du gouvernement d'atteindre 2,5% de croissance cette année. Il a remarqué que sur la base des prévisions du premier semestre, chaque trimestre suivant devrait connaître alors une croissance très forte de 1,2%. Même pour atteindre le bas de la fourchette, 2%, il faudrait "deux trimestres à 0,53%, ce qui est un peu plus rapide que ce que nous observons actuellement", a-t-il remarqué.

"Un soleil hivernal peut briller sans réchauffer"

Karine Berger, responsable de la synthèse conjoncturelle, a expliqué que dans le cadre d'une zone euro "un peu anémiée", la France avait connu une "embellie hivernale" avec une consommation des ménages forte. Cette consommation semble avoir été soutenue par les mesures "Sarkozy" sur les donations et les déblocages d'épargne salariale. 1,5 à 2,5 mds EUR auraient été consommés, le reste étant réépargné ou investi dans le logement. Mais cet effet va se ralentir, selon l'Insee, qui pense néanmoins que les nouvelles mesures sur l'intéressement et la participation pourront avoir un effet positif au deuxième semestre.

De plus, "un soleil hivernal peut briller sans réchauffer", a remarqué Karine Berger, présentant des prévisions d'emploi et de chômage peu encourageantes. Ainsi, l'emploi total ne devrait pas progresser de plus de 40.000 postes au premier semestre, soit à peu près l'augmentation de la population active sur la période. Michel Devilliers a paru douter du retour promis à 9% de chômage en fin d'année. Cela n'est possible que pour les économistes partisans de la thèse d'un "décalage" entre reprise de croissance et reprise de création d'emploi, ce qui "n'est pas notre interprétation" a-t-il dit.

Karine Berger, de son côté, a remarqué que les allègements de charges sur les salaires avaient eu "peu d'effet sur le nombre de créations d'emplois, car elle compensent surtout la hausse des SMIC". Le pouvoir d'achat devrait ralentir. Il serait soutenu par une inflation basse, mais dégradé par de plus forts prélèvements d'impôt sur le revenu et de CSG.

(Insee/DR)

Par AFP le 24 mars 2005 à 07:00
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