© TF1La rencontre est attendue par 5,2 millions de fonctionnaires. Soit un salarié français sur cinq. Leurs rémunérations devaient être en première ligne mardi lors des négociations avec les syndicats qui espèrent bien obtenir, en espèces sonnantes et trébuchantes, une hausse suffisante pour rattraper la perte du pouvoir d'achat. Les sept fédérations de fonctionnaires, qui évaluent cette perte à 5% depuis janvier 2000, rencontrent cette après-midi leur ministre Renaud Dutreil pour rouvrir des discussions closes en décembre 2004.
Mobilité et flexibilité
Elles exigeront une première mesure d'urgence pour que la revalorisation totale des salaires pour 2005 soit "au moins équivalente" au niveau de l'inflation prévisionnelle de 1,8%. Les organisations syndicales feront valoir que la hausse de 1% consentie par le gouvernement pour 2005, ne constitue en réalité qu'"une augmentation de 0,54% en masse" du fait de ses dates d'effet (+0,5% au 1er février et +0,5% au 1er novembre). "Il faut que le gouvernement montre qu'il a entendu la mobilisation et qu'il a compris les problèmes", a prévenu la CFDT.
La forte mobilisation public-privé du 10 mars mais aussi la perspective d'un "non" au référendum sur le traité constitutionnel européen ont lourdement pesé dans la décision du gouvernement de "lâcher du lest". Pour le ministre de l'Economie, Thierry Breton, s'il n'est "pas choquant" de "partager les fruits de la croissance", il faut en contrepartie introduire de la mobilité et de la flexibilité dans la Fonction publique.
"Attitude ouverte"
Le nouveau grand argentier du gouvernement a souligné que les augmentations déjà accordées aux fonctionnaires pour 2005 coûtaient 560 millions d'euros. "En année pleine, un point d'augmentation, c'est à peu près 800 millions d'euros pour le budget de la nation", a-t-il rappelé. Un coût qu'il faut toutefois majorer pour les trois fonctions publiques (Etat, Territoriale, Hospitalière): les syndicats l'évaluent entre 1,2 milliard et 1,4 milliard d'euros en année pleine.
"Nous abordons cette discussion avec une attitude ouverte à la modernisation de la Fonction publique et la motivation des fonctionnaires", a déclaré le 13 mars Jean-Pierre Raffarin, faisant état de "minces marges de manoeuvre grâce au retour de la croissance".
Les salaires 2005 et 2006 mais aussi les bas salaires, les fins de carrière ou encore la formation devraient être abordés, comme l'a demandé le Premier ministre. Cette réouverture de négociations ne fait pourtant pas l'unanimité: un grand nombre de députés UMP ne se sont pas privés de critiquer un gouvernement trop sensible, à leur yeux, à la "pression de la rue". Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a plaidé lui, pour des "fonctionnaires moins nombreux mais mieux payés".
(Image d'archives/DR)
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