© DRC'est l'une des annonces phares faites dimanche par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin en réponse aux manifestations du 10 mars. Les négociations salariales dans le public devraient s'ouvrir le 22 mars. Le ministre de la Fonction publique, Renaud Dutreil, et les fédérations de fonctionnaires sont tombés d'accord sur cette date lundi matin. Elle doit encore être confirmée par Matignon.
"L'Etat comme facilitateur"
Ces discussions avec les fonctionnaires porteront sur les salaires en 2005 et 2006 mais aussi les fins de carrière, la formation... "Nous abordons cette discussion avec une attitude ouverte à la modernisation de la Fonction publique et la motivation des fonctionnaires", a déclaré le chef du gouvernement dimanche. Selon lui, il existe de "minces marges de manoeuvre grâce au retour de la croissance", qui "nous donne la possibilité de discuter et de conclure" les négociations salariales avec les fonctionnaires.
Au micro de Radio J, le chef du gouvernement n'a pas oublié les salariés du privé. Dans ce secteur, le Premier ministre a estimé que l'Etat devait jouer un rôle de "facilitateur" dans les négociations salariales. Il a souhaité qu'un ministre du pole de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo, par exemple le ministre du Travail Gérard Larcher, préside la réunion sur les salaires prévue le 18 mars, qui devra aborder "la question du smic, des grilles de salaires, des classifications, et la situation obsolète des branches professionnelles, qui ont des minima inférieurs au smic".
Poursuite des réformes
Jean-Pierre Raffarin a également annoncé que son ministre de l'Economie, Thierry Breton, présentera "dans les prochains jours" des mesures pour "stimuler intéressement et participation" des salariés en 2005, afin d'inciter les "entreprises qui ont eu des bons résultats à partager".
Par ailleurs, il a réaffirmé qu'il "s'engage" et se "bat" pour une baisse de 10% du chômage en France en 2005. Et il y croit dur comme fer : "Nous avons toutes les informations qui, aujourd'hui, nous donnent le sentiment qu'en 2005 nous serons dans une baisse significative", dit le Premier ministre.
Une série d'annonces en guise de réponse aux manifestations… Mais Jean-Pierre Raffarin a également rappelé sa détermination à poursuivre les réformes engagées. "Les projets de loi qui sont actuellement au Parlement poursuivront démocratiquement leur parcours, y compris le projet Fillon et la réforme des 35 heures. Le projet Fillon répond à une nécessité impérieuse du pays", a-t-il dit.
Les syndicats réagissent |
L'unsa s'est dit "satisfait" de voir Jean-Pierre Raffarin "aller vers une négociation" salariale dans le secteur public, mais "déçus qu'il ne mette pas davantage de pression sur les entreprises et les branches et le Medef dans le privé".
La CGT s'est félicitée du "recul" opéré, selon elle, par le Premier ministre tout en jugeant "floues" les annonces pour le privé. "Il se passe enfin quelque chose, trois jours après, on mesure l'impact positif des mobilisations du 10 mars", a-t-elle dit. "C'est plus flou pour les 15 millions de salariés du privé, et il est clair que la réunion de la commission nationale de la négociation collective le 18 mars aura un caractère déterminant", a-t-il estimé. D'après son responsable, la CGT "reste mobilisée".
(Jean-Pierre Raffarin dimanche sur radio J/DR)
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