Seillière : "oui aux hausses, mais..."

Par D.S., le 15 mars 2005 à 09h36 , mis à jour le 15 mars 2005 à 10h08

Le président du Medef a expliqué mardi sur France Info que seules certaines entreprises avaient la capacité d'augmenter les salaires. Selon lui, l'ouverture des négociations dans le public est un signe de "précipitation" négatif.

Seillière Ernest-Antoine Medef président © LCI

Après l'appel du Premier ministre dimanche à partager les fruits de la croissance avec les salariés, Ernest-Antoine Seillière a donné mardi matin sur France Info une réponse cinglante. "L'Etat devrait s'occuper très bien et mieux de ses six millions de salariés du public avant de vouloir nous donner des leçons sur la manière de faire dans le privé". "Dans le privé, la décision des salaires appartient à l'entreprise", a expliqué Seillière, "ça, l'Etat a du mal à le comprendre".

Certes, reconnaît le président du Medef, "nous pensons qu'il existe une capacité dans de nombreuses entreprises de faire de l'augmentation de salaires - d'ailleurs, on en fait -, de faire de l'intéressement et de la participation". "Mais que ce n'est pas possible partout", a-t-il poursuivi, expliquant en synthèse que la bonne santé de Total ou Arcelor n'était pas forcément partagée par deux millions d'entreprises françaises. "Les entrepreneurs qui entendent qu'il y a de l'argent dans les entreprises, sont stupéfaits, inquiets ou en colère", a-t-il assuré.

"Pas tous les minima"

"Je ne pense pas que les branches soient toutes capables de faire en sorte que les minima salariaux qui sont inscrits dans leurs grilles puissent retrouver le niveau du smic", a-t-il encore expliqué. "A relever les minima dans les accords de branches, on donnerait en quelque sorte un signal de relèvement général de l'ensemble de la hiérarchie des salaires", a-t-il ajouté. "Ça c'est purement et simplement (…) impossible". "Donc ces négociations s'ouvriront parce que c'est la tradition de le faire et on le fait chaque année mais l'appel qui a été fait n'est pas un appel réaliste", a considéré le patron des patrons.

"Un peu vite"

Si le Medef n'entend pas que le gouvernement lui dise comment gérer ses affaires, il a bien a petite idée sur la manière dont il faudrait gérer les affaires de la France. A cet égard, Ernest-Antoine Seillière a estimé qu'en annonçant de nouvelles négociations salariales avec les fonctionnaires, Jean-Pierre Raffarin avait été "un peu vite". "Il faut réfléchir à ce qu'on peut faire ou ne pas faire" a-t-il poursuivi, faisant valoir que 1% de revalorisation dans la fonction publique représenterait 800 millions d'euros.

Le gouvernement a "donné un signal de précipitation qui n'est pas dans l'intérêt de la situation économique d'ensemble", a déclaré le président du Medef qui met tous ses espoirs dans une modification des 35 heures " pour retrouver croissance et pouvoir d'achat". Selon une étude de l'Insee publiée mardi, le salaire net moyen mensuel dans le secteur privé et semi-public s'élevait en France à 1811 euros en 2003, année qui a vu son pouvoir d'achat baisser de 0,3%.

(Image LCI : Ernest-Antoine Seillière mardi matin)

Par D.S. le 15 mars 2005 à 09:36
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