
L'initiative est pour le moins inédite... mais bien dans la logique affichée jusqu'ici par Thierry Breton. Son maître-mot étant "réactivité", le ministre de l'Economie et des Finances s'est invité inopinément samedi matin en direct à l'émission "C'est arrivé cette semaine" sur Europe 1 pour "faire de la pédagogie vis-à-vis des Français", sur la différence entre "l'intéressement" et "la participation".
"Ma démarche est peut-être un peu paradoxale, mais je suis un auditeur attentif de votre émission", a-t-il déclaré, par téléphone, à l'antenne à Dominique Souchier. "On parle intéressement et participation. Je veux redire que l'intéressement est une mesure instantanée, c'est immédiatement du liquide, du cash, payé dès cette année dans la poche des salariés. Et ça, c'est précisément pour lutter contre les problèmes, aujourd'hui le pouvoir d'achat", a fait valoir le ministre. "Par ailleurs, il y a la participation, dont le Premier ministre parlera la semaine prochaine, et ça c'est effectivement de l'épargne à long terme", a-t-il ajouté.
"A l'écoute du pays"
"C'est arrivé cette semaine" est une émission au cours de laquelle l'actualité de la semaine est passée en revue avec quelques invités présents dans le studio. Or, dans cette actualité figure précisément l'annonce faite mercredi par le nouveau ministre des Finances : ce dernier a indiqué qu'il allait proposer une prime exceptionnelle permettant de majorer le montant de l'intéressement des salariés sur les résultats 2004 des entreprises. Elle pourra représenter jusqu'à 200 euros ou 15% du montant de l'intéressement normalement prévu et devra être versée en numéraire au cours de l'année 2005. "Le ministre de l'Economie et des Finances que je suis est très attentif autant aux besoins et aux capacités des entreprises qu'à l'écoute du pays qui dit aujourd'hui une chose: 'nous avons un problème'. On fait tout pour y répondre", a lancé Thierry Breton à l'antenne.
Profitant de la présence du ministre à son émission, le journaliste lui a demandé s'il avait bon espoir que la protestation française contre la directive Bolkestein sur la libéralisation des services dans l'UE soit entendue à la Commission européenne. Thierry Breton a rappelé que "le sujet était non pas dans la main de la Commission mais dans celle du Parlement" européen. "Il y a un front unanime, le parlement européen ne votera pas cette directive en l'état. Donc le sujet est presque un non-sujet".
Photo d'ouverture : Thierry Breton - archives
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