
Le conseil d'administration l'Italien Tiscali a donné jeudi son accord pour la vente de sa filiale française Liberty Surf. Le groupe, présent dans 15 pays, doit honorer le remboursement d'obligations convertibles pour 250 millions d'euros en juillet 2005 et a entrepris de céder une partie de ses actifs. Mais il avait jusqu'à présent toujours assuré vouloir conserver ses filiales en France, en Allemagne, au Royaume Uni, aux Pays Bas et en Italie, considérés comme des pays stratégiques.
Tiscali n'a pas précisé à qui Liberty Surf sera cédé. Une dizaine d'opérateurs dont Telecom Italia ont manifesté de l'interêt pour sa filiale française avec des offres comprises entre 200 et 300 millions d'euros. Les difficultés financières du groupe avaient déjà conduit Tiscali à céder début février sa filiale Tiscali Danemark à l'opérateur suédois de télécommunications Tele2 pour 20,7 millions d'euros. L'opération avait porté le montant tiré des cessions engagées par Tiscali depuis plusieurs mois à 120 millions d'euros. "Nous sommes prêts à sacrifier une jambe pour sauver le reste du corps", s'était justifié le nouveau patron de Tiscali, le néerlandais Ruud Huisman, lorsqu'il avait annoncé en août dernier son programme de cessions.
Etoile de l'univers internet créé par Renato Soru, surnommé le "Bill Gates Italien", le groupe italien pourrait disparaître si ses dirigeants ne parviennent pas à tenir sa trésorerie et endiguer son endettement pour regagner la confiance des marchés. Renato Soru, 47 ans, est entré en politique et a cédé la direction de son groupe. Candidat de l'oppposition de gauche, il a été élu en juin dernier à la présidence de la région Sardaigne, son île natale, mais sa création, Tiscali, a enregistré au même moment 65 millions de pertes au second semestre 2004, contre 56,3 millions l'an passé à la même période.
Photo d'ouverture : archives
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